ça s'est passé un 7 novembre

 

 

 
Le 7 novembre 1840, une violente tornade classée F3 saignait les Vals-de-Saintonge jusque dans le sud des Deux-Sèvres. Un petit village, Gatineau, est carrément rayé de la carte...

 

◊  Le 7 novembre 1840 : une violente tornade ravage les Vals-de-Saintonge jusqu'en Deux-Sèvres  

Ce jour-là, une tornade classée F3 ravage tout le Nord-est de la Charente Maritime et le sud des Deux-Sèvres sur un trajet estimé à 50 kms environ. Le temps est perturbé depuis plusieurs jours. Vers 20 h locales, à la faveur d'un orage qualifié de "très violent" une tornade se forme en Saintonge en un lieu non localisé précisément. Classée F3 par Jean Dessens, elle va ravager successivement Mazeray, Varaize, Saint-Pierre-de-Juillers, Saint-Martin-de-Juillers avant de filer sur les Deux-Sèvres et causer des dégâts à Asnières-en-Poitou et Briou. Le petit village de Gatineau dans la commune de  Saint-Pierre-de-Juillers est presqu'entièrement détruit, "murs et charpentes arrachés et disséminés".
La très grande violence de cette tornade F3 /T7 (probablement proche du stade F4) a vraisemblablement eu un impact local et des retentissements économiques durables sur la région.  
"[...] Deux scieurs de long qui se trouvaient dans l'appartement bas, dans ce moment, sentant la maison s'ébranler et la terre trembler sous leurs pas, tentèrent de fuir et de crier au secours; mais la porte une fois ouverte, il leur fut impossible de sortir ni d'articuler un son de voix. Ils assurent qu'au moment le plus fort de la tempête, ils remarquèrent une lumière phosphorescente qui accompagna le passage de la trombe.[...]
Le village de Gatineau a été presque détruit. Les murs et charpentes ont été enlevés et disséminés dans les champs; des paillers entiers, des arbres énormes charriés de 3 ou 400 mètres de distance. Les habitants ont pu abandonner leurs maisons à temps, et chercher un refuge dans d'autres villages. A 600 mètres de rayon autour de ce malheureux village, il n'existe pas un arbre ou arbuste, pas même dans les jardins"
(L'Echo de l'arrondissement de St-Jean-d'Angély, lundi 16 Nov. 1840)

 

 

Image d'illustration : Orage et trombe (gravure parue dans Le Temps qu'il fait en Poitou-Charentes-Vendée, Geste éditions) 

 

La largeur du phénomène semble avoir fluctué tout au long de son trajet. Evaluée à environ 10-40 mètres par endroits selon l'article, probablement aux phases les plus faibles, elle aurait atteint les 120 mètres à la hauteur du château de St Pierre de Juillers et se serait peut-être même démesurément élargie au niveau de Gatineau jusquà atteindre les 1200 mètres de largeur ! Cette dernière hypothèse s'appuie sur l'étude de certains détails rapportés (cf. Les tornades en Charente et Charente Maritime page 107). Si avérée, elle bousculerait les records de largeur connus jusque là en France.
La longueur du trajet est estimée au minimum à 47 kms, probablement plus de 50 compte tenu du fait qu'on ne connaît pas le lieu exact. Des témoins considèrent qu'elle aurait initié ses méfaits sous la forme d'une trombe marine entrée dans les terres, mais l'hypothèse reste peu vérifiable. D'autres trombes sont probablement survenues le même jour.  
Enfin, rappelons-le, cette véritable catastrophe tornadique est survenue au mois de novembre, parfaite illustration du potentiel des orages hivernaux de la région. Il est raisonnable de penser qu'une tornade de cette taille, de cette durée et de cette intensité soit issue d'un contexte supercellulaire lui-même puissant.

Une fiche-synthèse est en ligne pour cet évènement. 

 



  Le 7 novembre 1994, violentes intempéries sur le Sud-est, Provence et Alpes maritimes. Les inondations font 5 victimes.     

  Le 7 novembre 1982une violente tempête frappe le sud du pays jusqu'au Lyonnais.
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Source : météo-paris.com  

 
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