ça s'est passé un 25 mars

 

 

 
Le 25 mars 1979, une violente tornade F3 cause de gros dégâts et blesse légèrement une personne dans le petit village de Milhaguet et quelques localités voisines en Haute-Vienne.

◊  Le 25 mars 1979  


Une violente tornade classée F3 s'abat sur un secteur comprenant le village de Milhaguet (commune de Marval), les communes de Cussac et Champagnac-la-Rivière.
Ce dimanche après une journée calme mais anormalement chaude pour la saison, le temps s'alourdit brusquement en fin d'après-midi et l'atmosphère finit par se déstabiliser. Vers 17 h locales contre toute attente, une tornade se forme brusquement aux environs de Milhaguet.
"Les nuages tournoyaient, arrachant tout sur leur passage, entraînant avec eux les arbres qui volaient à deux cents mètres", déclare un témoin. D'une largeur oscillant entre 100 et 250 m, elle va parcourir un trajet d'environ 12 kms, traversant Milhaguet et les communes de Cussac et Champagnac-la-Rivière. Il semble qu'elle se soit dissipée au sortir de Champagnac.

A 17 h locales un mois de mars, horaire où il fait encore jour, une telle trombe aurait pu générer un lourd bilan humain. Heureusement, seul un blessé léger a été signalé. Frappé par une chute de tuiles, il a du être brièvement hospitalisé.
En revanche les dégâts matériels, eux, sont très lourds. C'est à Milhaguet, village qui comptait à l'époque 200 habitants, que les dégâts sont les plus lourds. On évoque "une bande de 250 m de large dana laquelle tout a été arraché". Garé devant l'église, un camion est soulevé "comme un fétu de pailel", retourné et projeté à une trentaine de mètres. Au lieu-dit La Rivière, le mur d'enceinte de l'usine est abattu sur une portion de 25 m environ. Le clocher et surtout la toiture de l'église sont gravement endommagés eux aussi. 

Dégâts causés par la tornade à Milhaguet - Photo P. Rasquier

 
 

Dans toutes les localités traversés les maisons sont sinistrées, dont certaines littéralement décapitées, et la plupart des sinistrés doivent être relogés chez des amis.La portion de forêt placée sur la trajectoire a elle aussi beaucoup souffert, avec de nombreux arbres arrachés ou vrillés.
Les chutes d'arbres et de poteaux EDF provoquent des coupures d'électricité et de téléphone qui à 20 h le soir, isolent encore les zones touchées du reste du département. Les sapeurs-pompiers de Saint Mathieu sont très vite sur place, renforcés par des effectifs de Limoges, pour bâcher les toitures, dégager les routes et sécuriser le secteur : des maisons notamment, dont les murs avaient été disjoints, "écartés" par le passage de la tornade, menaçaient de s'écrouler.
→  Notre fiche-synthèse pour cet évènement. 

Une toiture arrachée, juste à côté du mur de l'usine, au lieu-dit La Rivière  - publié par La Montagne, auteur et © inconnu

   

Un orage supercellulaire ce jour-là ?

La minutie des descriptions des témoins rapportées par le quotidien La Montagne à propos de ce cas permettent de se faire une idée visuelle plutôt précise de ce qui a pu se passer ce jour-là. A défaut d'une analyse sur image radar, plusieurs éléments ici nous font envisager très sérieusement l'hypothèse d'un orage supercellulaire.
D'abord, bien sûr, l'intensité de la tornade, classée F3 par Jean Dessens qui d'emblée rend le fait quasi certain. Ensuite, certaines descriptions laissent penser que des témoins aient pu observer un mésocyclone et surtout des chutes de très gros grêlons et agglomérats de grêlons aux pointes acérées sont signalées sur Saint Mathieu et divers lieux alentours, au moment même où la tornade s'acharnait sur Milhaguet et les autres localités touchées. Nous ne disposions malheureusement pas de mesures d'où notre prudence, mais on sait qu'au-delà de 5 cm de diamètre de tels grêlons ne peuvent que provenir d'une supercellule, seul type de structure capables de brasser en son sein des grêlons jusu'à leur faire atteindre cette taille. Enfin, aucune mention de foudre dans l'article du quotidien. On peut supposer une activité électrique faible.

Il se peut aussi que le système orageux responsable de cette tornade ait été de faibles dimensions : un témoin décrit en effet des nuages de petite taille, et le maire de Champagnac évoque, lui, un soleil pâle visible de temps en temps au moment du passage de la tornade.

                        
                                      Témpératures à 850 hPa le 25 mars 1979 à 0h et géopotentiels à 500 hPa le 26 mars 1979 à 0h - © Wetterzentrale

 

 



  Le 25 mars 1990, une trombe marine est observée au Havre.

  Le 25 mars 1898, violente tempête en Manche. Une digue est emportée à Cherbourg  
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Source :
météo-paris.com  

 


 
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