Fabuleuse chasse du 27 juin en Haute-Normandie (part I)

 

 →  Suite du récit dans  Fabuleuse chasse du 27 juin en Haute-Normandie, partie II


Une chasse fabuleuse à plus d’un titre...
 



Raisons et motivations d'une chasse qui s'est révélée hors du commun

- Une première petite ligne convective qui se (ré)active bien comme il faut en traversant l’Eure de part et d'autre, donnant de la grêle et des intensités pluvieuses remarquables ainsi que des abaissements de condensation en tout genre « à la pelle »  et quelques-uns parmi eux bien pointus et suspects. Néanmoins, cette ligne se révélera simple mise en bouche...
- Peu de temps après, grâce à des coups de chance (si on peut appeler cela de la chance...),  je me suis retrouvé idéalement placé pour intercepter un second orage, cette fois dans le Vexin normand. Enfin un orage... un monstre devrais-je dire ! Peut-être pas le plus violent ou destructeur que j’ai vu, mais sans doute le plus terrifiant et esthétique de ma modeste « carrière », constitué d’un assemblage mystérieux, inconnu au bataillon pour ma part, de deux structures XXL observées toutes deux, en prime,  pour la première fois.
- Pour couronner le tout, des appendices là encore fort suspects dont l'un pour lequel je mettrai ma main au feu qu’il s’agissait d’un très long tuba, tellement long que dans ma tête, c’était déjà une tornade (ou une trombe) ce que je n’ai pas pu vérifier à mon plus grand regret (il fallait bien un revers à la médaille...)
- Dernière précision enfin : tout cela n’a pas eu lieu durant l'une de ces fameuses journées du mois de juin où nous étions placé en « alerte rouge » (et pourtant, ce ne sont pas les structures dantesques qui ont manqué ces jours-là). Non, non, mais le vendredi 27 juin, journée qui ne vous dira probablement rien, ce qui n’a rien d'étonnant parce ce jour-là nous étions placés en risque faible par tous les prévisionnistes - exception faite peut-être, si ma mémoire est bonne, de Martial Roméro et de Jérôme (?) qui avaient placé la Seine-Maritime en risque modéré tout au plus. En revanche, Kéraunos nous avait placés dans sa zone de probabilité modérée d’occurrence de phénomène tourbillonnaire (c’est même en partie ce paramètre qui m’avait décidé à sortir de mes atermoiements  « j'y vais/ j'y vais pas ?? » résultant de mes expériences antérieures).
Voilà toutes les raisons pour lesquelles j’ai choisi de partager avec vous, à nouveau, mon récit de chasse en terre lointaine et nordique.




PARTIE I  Mise en bouche


Pour commencer, vers 16 h, une petite ligne convective aborde l’Eure par le Calvados. Guettant maintenant à chaque fois ce genre de situation presque coutumière, j’hésite cependant  à partir cette fois, car elle n’a pas l’air bien vigoureuse :

(Toutes les images radar de ce récit et de sa partie II proviennent du site meteo60.fr)


      

Finalement, je décide de décoller pour l’intercepter vers 17h15 dans un village derrière chez moi :

1.

     

Comme je le sentais venir, ça ne ressemblait plus qu’à des averses, et devant la beauté de celle-ci, je me décidai à la rejoindre à pied tranquillement pour faire quelques compositions « électriques » (fortement déconseillé bien sûr si vous tenez un tant soit peu à la vie... !) :

2.

3.

Et soudain, vous l’aurez sans doute deviné : « brouuuuuum » ! roulement étouffé. Oups... l’ensemble s’est (ré)activé ! Ce dont j’aurais dû me douter puisque cela me joue souvent le même tour dès qu’une ligne dépasse ma position et que son extrémité parvient à hauteur de la Seine (influence du fleuve et du microclimat de la vallée ?).  Le front s’organise :

4.  



Je regagne la voiture qui est quand même garée à quelques centaines de mètres (sans courir !).
Et au passage,... « hmmm » :

5.


Un peu plus loin, je prends une photo de la partie sud sans vraiment prendre conscience de ce qui m’arrive alors dessus :

6.


A ma gauche, sur l’arrière du front, des formes étranges continuent à se dessiner :

7.  


Hélas ce qui devait arriver arriva... elles disparaissent peu à peu derrière un épais rideau de pluie mêlée à un peu de grêle, déluge d'une intensité comme j’ai rarement vécu !



Je continue à suivre la ligne sous un déluge qui n’arrête pas, mais sans trop me faire d’illusions car d'ordinaire une fois ces bébêtes passées, il est presque impossible de les rattraper à moins de prendre l’autoroute.
Sauf qu’aujourd’hui, celle-ci en a décidé autrement : le flux est relativement lent et la ligne avance pépère, vraiment très pépère, et moi aussi donc (le bonheur !). Elle me mène jusqu’au plateau du Neubourg.
En cours de route, de beaux flashes transpercent le ciel et je finis par me poser avec vue en direction du Nord-est :



8.


Un rideau de grêle au milieu ?

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Là-dedans, de belles « fourches » font leur apparition de temps en temps. Envie d’une petite douche ??

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Un semblant d’arcus se forme dessous avec deux avions qui viendront le survoler par-dessous (tendances suicidaires ?). :

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Plus loin.. (regardez-moi un peu ce magnifique chemin tout en graviers qui s’offre à moi ! ) :

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A partir de là, de nombreux abaissements en tout genre se feront voir (dont certains hélas cachés par la forêt),  adoptant parfois un comportement douteux et un aspect très « piquant »  comme ici sur la droite :

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Alors que l’orage semble bien vouloir mourir cette fois-ci :




Mais ne parlons pas trop vite... car il se réactive légèrement à son extrémité sud qui passe au-dessus de la Seine :




Ce que j’observe à ce moment-là :

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L’orage me conduit jusqu’à Gaillon :

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... et poursuit, pour de bon, son agonie :

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Allez, quand même, une petite dernière pour la route ??  (au centre de la photo) :

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Je suis tout de même la structure jusqu’à Vernon car, à ma grande surprise, le radar d’Infoclimat semble alors m’indiquer que tout n'était pas fini. J'ai du mal à voir sur le petit écran de mon tel à clapet et bizarrement pourtant, la ligne  me paraît déjà loin et bien morcelée ! Et surtout arrive le moment où il va bien falloir se préoccuper de l’aiguille de la jauge à carburant qui flirte dangereusement avec le rouge...


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Récit et photos Benjamin (pseudo)

 

 

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