Chasses mémorables à Arcachon et sur la dune du Pilat - 6 et 7 juin 2013

Récit par Astrid Neveu                       → Retour à l'index
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par Eric Tarrit

                                                                               



Après tout un weekend consacré au traitement des photos, visionnage des vidéos, captures d'écran et autres tâches, voilà enfin le récit de ces deux folles journées/soirées/nuits de jeudi et vendredi entre la dune du Pilat et Arcachon :

 
Après avoir profité de la chaleur par une petite trempette au lac de Cazaux, rendez-vous sur la dune du Pilat pour attendre deux collègues passionnés auvergnats qui débarquaient à l'occasion de ces deux journées (nous nous sommes retrouvés à 4 au total pour cette chasse).
 
Marais barométrique oblige, une légère brise marine s'est levée sur les premiers cent mètres de côte. En conséquence, les premiers congestus qui se forment déjà crèvent systématiquement une fois passés le cordon dunaire littoral, mais il s'en est fallu d'assez peu de temps pour qu'un premier champignon se mette à grossir plus vite que les précédents et attire notre attention...
 
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Le shoot peut donc commencer. A la suite du premier, d'autres champignons naissent très rapidement à l'intérieur immédiat des terres en direction Sud et de l'Est :
 
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En moins de 5 minutes, le premier a déjà pris du galon lorsque nous le voyons se diriger vers le bassin...
 
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Il sera le premier à nous servir quelques grondements !
Pendant ce temps, sur l'océan la convection s'est nettement enclenchée à son tour : ça grimpe bien et très vite !
 
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Exactement au même moment, et donc à peine 20 minutes après le premier shoot, la convection dans les terres s'est elle aussi bien organisée  :
 
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Les premiers impacts sont alors apparus... et quel festival ! Nous nous sommes retrouvés totalement cernés à 360°...Mode vidéo enclenché !
 
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C'est alors que la structure qui se rapproche de nous à quelques kms au Sud-ouest de notre position prend une allure de plus en plus intrigante...
 
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Moins de cinq minutes plus tard, il commencera à pleuvoir et quelques rafales se font sentir... Nous restons quelques minutes supplémentaires pour shooter, jusqu'au moment où la structure nous recouvre entièrement. Il fait drôlement sombre d'un coup...
 
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La pluie se renforce, les impacts se rapprochent et là-haut sur la dune, il ne reste plus personne à part nous...On replie bagage !  Mais alors que nous redescendons la crête de la dune, deux cents mètres plus loin on se prend le front de rafales, puissant, soulevant le sable au point de nous obliger à fermer les yeux pendant une trentaine de secondes. Nous sentons ce sable qui vient s'accrocher sur nous (nous commençions à être trempés...). Descente en vitesse dans le sable sous la pluie redoublant d'intensité pour finir, pendant une dizaine de minutes, à peu près abrités sous une portion de la terrasse d'une baraque de plage en bas de la dune (côté forêt évidemment), partageant l'espace avec des touristes chinois... 
 
Bref, nous réalisons alors le risque que nous courons de tout louper si nous ne regagnons pas immédiatement les voitures pour chercher un autre spot moins "dangereux". Aussitôt dit, aussitôt fait.
Petit arrêt pour changer quelques fringues sous les coffres au parking... trempés jusqu'aux os et avec du sable partout dans les vêtements et sur la peau !
 
Après quelques kms sur des routes par endroits inondées, nous arrivons alors sur la plage des Abatilles au sud d'Arcachon, dont le parking est situé quasiment au bord de la plage avec juste quelques petits arbres...L'endroit parfait pour nous garantir une protection correcte sans louper le spectacle !
 
Par chance le plus "lourd" des précipitations aura eu lieu pendant le petit trajet et une fois parvenus à la plage, nous voyons la pluie se calmer et tomber faiblement. Mais il y a beaucoup de vent, suffisamment pour faire claquer les gouttes sur les boîtiers.
 
Durant encore une bonne heure, le multi qui s'évacue vers le nord du bassin nous offre des impacts parfois magnifiques, encore suffisamment proches pour que nous puissions les immortaliser sur les vidéos...
 
Voilà l'une de ces vidéos... Le deuxième impact est magnifique mais c'est le troisième (à 1:05) qui me bluffera complètement, d'où le mot sorti de ma bouche à voix bien haute (rare me concernant que je crie, mais là c'est sorti tout seul !). On n'en voit malheureusement qu'une partie car l'éclair s'est déployé en plein au-dessus de nos têtes : un coup de foudre qui partait de 90° au-dessus et s'étendait en 6 ou 7 branches vers le bas...Un truc magnifique ! 
 
 
 

 
Voilà maintenant quelques captures. Pour certaines il s'agit en réalité de la fusion de plusieurs captures car j'en avais trop pour les mettre toutes une par une.
 
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La pluie ayant repris un peu, je me suis abritée contre le mur du restaurant de plage, à l'abri du vent et donc de la plupart des gouttes...pour choper le meilleur !
 
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Re-spot, sur le sable de la plage cette fois :
 
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Ça devait se calmer par la suite, le multi s'évacuant alors vers la côte du Médoc et l'arrière en mer ne charriant que de la flotte...Mais ce furent deux bonnes heures magiques !
 

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Passons à la journée de Vendredi. Un nouveau multi est censé encore concerner la région, d'abord essentiellement en mer en frôlant la côte aquitaine, puis gagnant le littoral et l'intérieur des terres en fin de soirée et dans la nuit...
 
Une ambiance différente de la veille... Quand je pars de chez moi il fait beau, chaud et bien lourd mais à mon arrivée au Pilat, l'ambiance est moins chaude (contrairement au matin selon les dires de mes collègues auvergnats), très voilée voire couverte. Très peu de monde sur la plage...Mais on sentait l'orage à venir qui allait vite fait bien fait balayer ce calme moins estival que la veille. Donc après-midi tranquille sur la plage à faire quelques photos (pas trop pour économiser la batterie), à papoter et faire du repérage : des bunkers sont en effet présents, dont l'un sur lequel on peut grimper, bien placé (même si ensablé à l'intérieur) pour nous faire bénéficier d'un bon spot à l'avant.
 
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Le radar quant à lui sent très bon avec un magnifique multi qui s'organise exactement comme le prévoient les modélisations : frôlant la côte et s'étalant sur près de 200 km en mer dans le sens Est-Ouest, avec une zone particulièrement linéaire à l'avant et légèrement arquée...
 
Difficile au début de distinguer quoi que ce soit au loin dans ce ciel très voilé, presque couvert...Blague à part  l'un des collègues (qui voit tout le temps des arcus partout tongue.png) nous dit qu'il y a un arcus au loin. Une heure plus tard...bah oui il avait raison ! Et quel arcus ! Multicouche, étalé sur près de 200 km (distance confirmée au radar)... Un truc qui fait même peur quand il approche. Comme il donne une impression de grande lenteur, on pense avoir le temps de faire des tas de panoramiques...mais curieusement à moins de 20 km de nous, on trouve qu'il avance beaucoup plus vite ! (!!) 
 
Panoramique prise à 20 h pile :
 
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Petite note : en bas à droite, en plus de voir le visionnaire d'arcus, on aperçoit la petite cabane sous laquelle on s'est abrités à partir de 23 h
 


Je redescends de mon bunker pour capturer les collègues devant la bête :
 
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Nous devons être sur une plage particulièrement abritée du vent car dans les quelques minutes qui ont précédé son passage, la mer s'est agitée (l'endroit est habituellement calme car le banc d'Arguin protège des assauts de l'océan), et une fois parvenus en-dessous, nous sentons tout juste un vent modéré. Mais zoomez un peu ce défilement nuageux et le bruit du vent quelques centaines de mètres plus haut... Pas le moment d'être sur la dune 500 m plus loin !
 
 
Un autre arcus effectuera son passage une vingtaine de minutes plus tard...
 
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Ces deux premiers n'auront lâché quasiment que de l'intra-nuageuxet surtout bien en mer, là où était la partie la plus active. Car nous étions toujours largement au sec tout ce temps !
 
Mais voilà que ce qui arrive maintenant est électriquement plus intéressant. Et bien que nous n'ayions pas retrouvé de magnifiques arcus cette fois, on voit les bases s'affaisser très nettement en mer, signe que la circulation est très perturbée en basses couches !
 
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Celui-là lâchait non seulement des impacts audibles par des grondements encore lointains, mais surtout beaucoup d'intra localisés précisément sur la partie de la structure sitée le plus au large !
 
Voici une petite compilation de quelques impacts lointains vers le Sud (donc le long de la côte landaise) :
 
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Nous avons hâte qu'il fasse enfin nuit ! Il est 22 h et avec ce ciel chargé le crépuscule s'installe...laissant enfin place à la nuit.
Mais je suis déçue de mes pauses. Déjà j'ai oublié de baisser l'ouverture, et puis si j'avais su que les impacts allaient tous tomber au même endroit, j'aurais zoomé comme l'a fait un de mes chers collègues qui lui a eu de belles prises...Voilà quand même l'un de ces clichés que j'ai eu beaucoup de mal à corriger :
 
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Pour ma part je décide d'arrêter les pauses car je n'ai plus beaucoup de batterie avec toutes les vidéos faites un peu plus tôt quand il faisait jour...Malgré l'absence totale de lumière dans les environs, on peut distinguer au loin vers le sud un gros rideau de pluie beaucoup plus sombre que le reste du ciel. Notre repérage de l'après-midi nous a servi car nous nous abritons alors sous la cabane de plage, allongés dans le sable, après avoir pris la précaution de mettre les planches et panneaux le long de la structure pour protéger du vent...et en creusant des trous pour y mettre les trépieds.
 
Il commence à pleuvoir. Et maintenant place au spectacle pour les yeux, abrités que nous sommes de la pluie et de tout danger (dans l'absolu)...Cette fois c'est sur nous que ça pète. Grosse intensité d'abord derrière la dune, à quelques kms dans l'intérieur où les grondements se font de plus en plus bruyants, avant que de gros impacts ne se mettent à tomber sur l'ensemble des kilomètres environnants, autant dans les terres qu'en mer, qu'au-dessus de nos têtes ! Je retente une pause mais hormis un plein jour quasi-aveuglant... Je refais alors des vidéos avec ce qu'il me reste de batterie et j'arrive -enfin- à en choper un :
 
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Voilà la vidéo en question...Oui, on parle beaucoup dessus. Il fallait bien compenser le mal de dos qu'on était en train de se taper à rester allongés dans le sable avec seulement 50 cm de hauteur disponible au-dessus de nous !  
 
 

 
 
Un superbe impact tombera juste devant nous alors nous pensions déjà -naïvement !- que ça se calmait un peu...Seul l'un de nous trois le chopera, sur un coup de bol ou presque
 
La première salve nocturne s'évacue enfin vers 1 h 45. Comme plus personne n'a de batterie, on en profite pour sortir de là et revenir aux voitures malgré quelques impacts persistant toujours à droite à gauche.
 
La soirée shoot est finie, mais les orages, eux, continuent...Je reprends seule la route pour rentrer chez moi et entre le Pyla et la jonction de l'A63 à Biganos, soit tout le long de la portion sud du bassin, un véritable déluge m'obligera à rouler à 70 km/h maxi sur l'autoroute du bassin, avec des impacts qui tombent de partout...Ceux-ci me rendent d'ailleurs service en me permettant de voir temporairement la route comme en plein jour !  
 
Je sors alors de la zone la plus pluvieuse et avant que ça ne migre trop loin, je pense pouvoir faire encore quelques pauses avec l'appareil qui a pu se reposer un peu. J'arrive dans un secteur à environ mi-chemin entre le bassin et chez moi, entre la sortie d'autoroute et Marcheprime, secteur que je commence à bien connaître car j'y suis allée à plusieurs reprises lors de chasses au mois de mai. Je découvre un spot de fortune en me disant "Au diable les lampadaires !". Ces derniers en effet projettent un peu trop de lumière en bordure de route mais heureusement une zone boisée lui succède. Comme j'avais peur de louper quelques prises faute d'avoir trouvé un spot, hop sortie de la voiture sous quelques gouttes et dernier shoot de cette folle soirée/nuit à 2 h 45 !
 
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Voilà donc terminé le long récit de ces deux journées, avec ces deux multicellulaires très actifs qui auront redoré le blason de l'Ouest aquitain, si délaissé depuis un moment. On a retrouvé le bon vieux temps des orages musclés dans nos contrées historiquement si bien réputées !




Tous les clichés ci-dessus sont la propriété d'Astrid Neveu
 
 
 
 

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