Cartes et données statistiques

 


Bienvenue sur notre cartothèque climatologique nationale, qui regroupe les données orageuses générales et celles concernant les tornades en France. Pour ces dernières il faut savoir qu'elles se fondent sur les bases en ligne de plusieurs recenseurs en France, ce qui en fait le travail le plus complet qui soit pour l'instant en ligne sur la question.

 

 

Le couloir d'orages à l'échelle nationale remonte du Sud-ouest au Nord-est en passant par le Massif Central et la Franche-Comté. Etudié depuis des décennies, le risque orageux en général (nombre annuel de jours avec tonnerre audible) ainsi que le risque grêle sont désormais bien cernés.
On remarque que risque orageux et risque grêle sont pour ainsi dire superposés, alors qu'en revanche le risque tornadique est spectaculairement décalé vers le nord et court des Charentes au NPDC pour des raisons encore mal connues mais qui commencent à livrer leurs secrets. 
Le risque orageux se répartit également différemment selon que l'on est en saison chaude ou froide. S'il concerne grosso modo la même portion en printemps et en été, en automne on voit déjà le pic se décaler vers le SE et surtout la Corse, et en hiver le risque se déplace sur les zones littorales atlantiques et méditerrannéennes sujettes aux orages d'hiver.

Cartes ci-contre et en dessous produites en collaboration avec Climate-Data.
Les deux petites cartes ci-dessous sont déjà anciennes, mais leurs zonages ne se sont pas démentis depuis et restent toujours d'actualité.


               
 Carte du risque grêle - F. Vinet, 2000   /  Carte du risque tornade - Jean Dessens





Répartition annuelle moyenne des jours d'orages 1981-2010 - Climate Data

 

 

Répartition annuelle moyenne des orages au printemps 1981- 2010 - Climate Data pour Ouest-orages

 

Répartition annuelle moyenne des orages en été1981-2010 - Climate Data pour Ouest-orages

 

Répartition annuelle moyenne des orages en automne 1981-2010 - Climate Data pour Ouest-orages

 

Répartition annuelle moyenne des orages en hiver 1981-2010 - Climate Data pour Ouest-orages

 

Densité des tornades en France entre 1157 et 2013

 

 



          

 

     

Comme dit en introduction, ces cartes élaborées par Gwenael Milcareck cumulent les données de 4 recenseurs français, Kéraunos, Ouest-orages, Météo-Lorraine et Météo-Oise, ce qui compense les faiblesses respectives de chacune de ces bases et fait que ces cartes sont certainement les plus proches de la réalité qui soient. Elles sont toutefois sujettes aux inévitables réserves et limites inhérentes au recensement en France, qui sont principalement les lacunes du recensement ancien et les inégalités de couverture entre régions... Sans même parler des propres données charentaises de N. Baluteau non encore complètement transférées sur le site Ouest-orages. Les prochaines rééditions devraient se complèter bien entendu au fur et à mesure des années.
Quelques remarques :
- Dans le NPDC, les cas de saison froide sont curieusement discrets. Etant donné le caractère littoral de la région on peut expliquer le fait par une surreprésentation des cas estivaux via la catastrophe de 1967.
- A l'inverse, on peut attribuer la prédominance de la Charente Maritime sur les deux premières cartes (générale et saison froide) au grand nombre de ses cas de saison froide.
- La ville de Paris qui ressort sur la carte générale est nettement surreprésentée car très exposée médiatiquement et ville d'Histoire depuis des siècles. Surexposition qui se trahit sur les cartes suivantes depuis 2001, à la couverture beaucoup plus équilibrée et exhaustive.
- L'année plancher (1157) correspond à l'état de nos connaissances fin 2013 où le cas le plus ancien, répertorié par Kéraunos, datait de 1157. Depuis, un cas survenu en 962 dans la Vienne a été recensé par Ouest-orages et sera comptabilisé ultérieurement. Gwenael Milcareck a même collecté un cas, plus incertain, datant des années 500 (!).

 

Densité des tornades entre 2001 et 2013

 

 

 

               De gauche à droite : densité moyenne des tornades entre 2001 et 2013 sur l'ensemble de l'année  / " "  en saison froide / " "  en saison chaude - © Gwenael Milcareck

Malgré le manque de recul chronologique (12 ans seulement), ces cartes établies depuis 2001 sont celles qui permettent d'approcher au mieux la réalité climatologique. En effet elles couvrent la période la plus récente où le recensement s'est réveillé et structuré et où l'essor de l'internet, des appareils photos numériques et des smartphones a multiplié les témoignages.
Ici on voit que la frange du Nord-ouest se fait plus discrète. En revanche la concentration en Charente Maritime, NPDC, Hérault et Var se retrouve sur toutes les cartes, ce qui laisse supposer une réelle constante climatologique (déjà quasi-démontrée pour la zone du 17 Les tornades en Charente et Charente Maritime), qui nécessiterait une étude locale approfondie de ces régions. 

La carte ci-contre couvre une année de plus (2014) mais surtout elle innove par son découpage par arrondissement qui permet de mieux faire ressortir les particularités locales. Ainsi la région autour de Saintes en Charente Maritime, où n'a été pour l'instant recensé aucun cas significatif probablement en raison du relief, est-il clairement mis en évidence.
Précisions utiles :
- Pour les départements de la Loire, Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin, il s'agit des anciens arrondissements la carte étant antérieure à la réforme territoriale du 1er Janvier 2015.
- Les cas de tornade qui ont traversé plusieurs départements/arrondissements sont comptés pour chacun d'entre eux.

 

Densité moyenne des tornades avérées entre 2001 et 2014 par arrondissement - © Gwenael Milcareck
Fond de carte: http://www.webvilles.fr/ ©

Densité des tornades par intensité

 

 

 

                De gauche à droite : densité des puissantes tornades 1157-2013 sur l'ensemble de l'année  / " "  en saison froide / " " en saison chaude - Gwenael Milcareck

Ces cartes confortent le pic hivernal déjà constaté pour le centre ouest concernant les très grosses tornades, sur-représentées en saison froide avec un très net pic en Novembre. (voir Cartes et données statistiques du Centre Ouest, fin de page)
Il convient bien sûr de rester très prudent pour la climatologie des grosses tornades, qui exigerait des siècles de recul exhaustif pour des statistiques vraiment fiables. Ceci étant, et même en tenant compte de l'inévitable gonflement des statistiques nordistes par l'épisode de 67, au vu du recensement depuis les années 2000 on peut supposer le risque de grosses tornades (F2 et +)  plus important dans le NPDC que sur la zone charentaise à la densité globale pourtant équivalente voire supérieure. L'hypothèse devrait faire de cette région du nord de la France une zone prioritaire pour ce type d'études. La climatologie de la zone charentaise pourrait quant à elle présenter des similitudes avec celle du sud de l'Angleterre, considérée par la TORRO comme la zone la plus touchée au monde mais par des cas dont la moyenne d'intensité est plutôt légère (beaucoup de F1 et F0/T1) et où les cas hivernaux sont prépondérants.

 

Le recensement à la loupe

 



Evolution du recensement par type de phénomène 2001-2013 - ©  Gwenael Milcareck

 


Evolution du recensement mis en rapport avec l'évolution de la courbe des températures depuis 2001-2013  - ©  Gwenael Milcareck

C'est au recensement lui-même que s'intéressent ces trois derniers graphiques de Gwenael Milcareck.
- Sur le premier ci-dessus à gauche, à partir des années 2006 et 2007, on voit la spectaculaire inversion du nombre de reports de tubas et autres phénomènes peu ou non destructeurs d'un côté, et des tornades de l'autre. Difficile de ne pas faire le lien avec l'arrivée et l'expansion des smartphones et des réseaux sociaux (Facebook est né en 2005) qui permettent de photographier et partager de façon instantanée. Il est fort à parier que le même type de graphique montrant l'évolution des reports de tornades faibles d'un côté et plus puissantes de l'autre présenterait le même type d'évolution.
- A droite du premier, le second graphique montre ces mêmes évolutions mises en rapport avec celle de la courbe de températures. Bien sûr cette dernière ne peut avoir de signification réellement climatologique sur une période aussi courte mais a priori on ne décèle aucune corrélation entre les deux, l'augmentation du nombre de tornades recensées n'étant pas lui-même corrélé au changement climatique mais à l'explosion du nombre de témoignages. Il serait réellement intéressant de prolonger ce graphique dans le temps à l'avenir et dans le passé.

 Evolution du recensement mis en rapport avec l'évolution des NT 2001-2013  - ©  Gwenael Milcareck

Ce troisième graphique met en relation l'évolution du nombre de cas recensés par rapport à celle des nouvelles technologies. Si le nombre de tubas recensés explose littéralement, contre toute attente la stagnation du nombre de tornades et de trombes marines à partir de 2007, après l'augmentation discrète et progressive qui marqua le début des années 2000, est une surprise.
On peut supposer que le recensement sur le net météo ait alors déjà atteint un certain palier d'efficacité et de maturité méthodologique et que la grosse majorité de nos tornades significatives nous soit déjà connue à cette époque.
Cette stagnation des cas recensés serait bien sûr à mettre aussi en corrélation, dès que l'on disposera d'un recul suffisant, avec la fluctuation climatologique au fil des années : une année moins chargée coïncidant avec un boom des témoignages peut produire au final une courbe qui reste au même niveau (d'ailleurs à l'inverse le pic du nombre de tubas recensés en 2008 est à mettre en relation avec le véritable épisode de tubas vendéens qui marqua cette année).

Mais la fluctuation climato ne peut à elle seule justifier une telle stagnation sur 7 années d'affilée. Même si nous ne sommes pas en mesure de cerner avec précision le faisceau de facteurs et la partition que chacun a pu jouer dans la symphonie, il nous apparaît désormais évident que l'explosion des réseaux sociaux, elle, a du se heurter à d'autres facteurs-freins voire ne pas jouer le rôle puissant qu'on lui attribuait habituellement.
Notons aussi que les cas significatifs destructeurs nous sont déjà rapportés régulièrement par les journaux. Les réseaux sociaux n'ont donc pu faire remonter majoritairement que des cas plus légers.

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