Climatologie orageuse régionale



 

Découvrons notre région du Centre Ouest, ou plus exactement LES régions du Centre-Ouest dont, à l'image de sa physionomie multifacettes, les orages et la climatologie orageuse sont également variés et multiples. 

         → Faisons connaissance   → Les climats généraux    → La densité générale des orages en Centre Ouest
 

Faisons connaissance


Si l'on devait définir notre région en quelques mots, on dirait qu'elle est d'abord et avant tout un carrefour où se rencontrent diverses entités géographico-climatiques : en nord Vendée apparaissent les premiers littoraux rocheux et tempétueux à la bretonne ; la Gironde et la Dordogne annoncent les vallées verdoyantes et orageuses du Sud Ouest, de même que les premiers contreforts du relief du Massif Central se lèvent en Limousin. Enfin les plaines céréalières de Charente Maritime, Charente de l'ouest, Deux-Sèvres et Poitou ne font que précéder les grandes plaines beauceronnes.
Il en résulte une très grande variété de paysages et un relatif cloisonnement. Carrefour sur le plan géographique et climatique, la région l'est tout autant sur le plan économique et touristique, étape obligée de la route vers l'Espagne depuis le Moyen Age. Patrimoine roman en Charentes-Poitou ou vinicole en Gironde, passé viking en Vendée, phares intellectuels très tôt émergés avec la très ancienne université de Poitiers ... ces régions riches d'Histoire ne manquent pas d'attraits.


              
                               Champs de blé sous le ciel orageux- photo d'illustration Cyril Guitton

 

 

                   Paysage saintongeais des environs de Loiré-sur-Nie (17)
 

                L'abbatiale de St Jean d'Angély (17) - photo Nicolas Baluteau

Les climats généraux  


Notre région Centre Ouest se partage entre 2 types principaux de climats :
- Le climat maritime pur (vert foncé sur la carte) qui concerne essentiellement les zones les plus littorales, caractérisé par l'influence océanique avec des températures douces et des écarts modérés entre saisons.
- Le climat maritime dit "dégradé" (vert clair sur la carte), qui remplace progressivement le climat littoral dès qu'on s'enfonce plus à l'intérieur des terres, et où interviennent déjà des facteurs de type plus continental, climat plus sec et contrastes de températures plus marqués.
- Enfin l'Est Charentais et la Haute Vienne, avec leur relief plus prononcé, sont la porte d'entrée de la zone de climat dit "continental dégradé" (en beige sur la carte).


Au-delà de ces grandes zones climatiques intéressant la France entière, interviennent aussi de multiples facteurs locaux qui créent ce que l'on appelle des "micro-climats". Il en est ainsi par exemple de la Saintonge et des plaines calcaires de la portion Nord-Est de la Charente maritime, où les grosses chaleurs ne sont pas rares en été du fait de l'effet d'albedo occasionné par le calcaire qui renforce l'échauffement et maintient la chaleur durant la journée. On verra sur nos pages plus détaillées que ces facteurs peuvent influer sur la naissance et(ou) le renforcement des orages locaux. De même l'île de Noirmoutiers au nord de la Vendée jouit-elle d'un véritable micro-climat proche du climat méditerranéen avec une végétation elle aussi particulière (le célèbre mimosa...).

 

 

Les grandes zones climatiques en centre-Ouest
Carte des climats de France (détail) - crédit : A. Houot*

D'une manière générale il convient aussi de rappeler que la portion Gironde-Charente Maritime-Vendée du littoral est la plus ensoleillée de la façade Ouest avec une moyenne de 2250 heures annuelles d'ensoleillement (2331 h/an pour La Rochelle, 2076 h/an pour Bordeaux *). Là encore, si cet ensoleillement évidemment apprécié des touristes est largement mis en avant dans la communication régionale, il peut également jouer un rôle dans la génèse ou le renforcement des orages locaux et probablement aussi, de par son influence sur la température de l'océan, dans celle des trombes marines.  

Enfin la position du Centre Ouest par rapport au risque tempête rend ce dernier assez aléatoire. La région peut en effet selon les années soit subir des deux côtés les "miettes" des grandes tempêtes du Nord Ouest (en Vendée, Deux Sèvres ou Vienne principalement) et celles du Sud Ouest (en Gironde ou sud Charentes encore une fois), soit à l'inverse passer entièrement à côté si les trajectoires sont nettement plus au nord ou plus au sud. Comme pour l'ensoleillement, tempêtes et orages sont très souvent intimement liés comme on le verra plus bas.
Parmi les tempêtes récentes les plus mémorables, on citera bien sûr les deux tempêtes de 1999 : "apéritif" le 26 décembre avec Lothar qui a modérément frappé la Vienne et autres zones les plus au nord, avant que n'arrive Martin le 27 décembre qui a entièrement sinistré les Charentes avant de filer sur le Massif Central. Dans la décennie 2000, Quentin, Klaus et surtout Xynthia en 2010 avec ses submersions catastrophiques se sont ensuite chargés de nous rappeler ce risque toujours présent. 

 

La densité générale des orages en Centre Ouest


Qu'en est-il alors des orages dans notre région et quelle place occupe notre région dans le paysage orageux national ? Nous nous intéresserons ici à des données très générales en matière de densité et de répartition.

La carte ci-dessous (à gauche) montre le classique grand couloir des orages en France,clairement situé dans un axe partant du Sud Ouest et remontant au Nord Est. Le risque grêle pour ainsi dire s'y superpose comme le montre la carte de droite, même si dans le détail on voit que les régions les plus touchées ne sont pas les mêmes. Parmi les régions couvertes par Ouest-orages, font partie de ce couloir la Gironde, la Dordogne, l'extrême Sud de la Charente maritime et une bonne partie de la Charente, état de fait confirmé par nos nombreuses observations de ces dernières années. Les habituels systèmes orageux remontant du Sud Ouest frappent en effet la plupart du temps Gironde et Dordogne, en "mordant" sur le Jonzacais et une portion sud de la Charente. Au-delà, les autres zones connaissent une densité orageuse moindre, nettement dégressive au fur et à mesure que l'on remonte vers le Nord et l'Ouest. La majeure partie de la région qui nous intéresse ne fait donc pas partie des portions les plus orageuses du territoire national.
 
Mais nous verrons que cette densité générale, qui ne tient compte ni de l'intensité ni du type de phénomènes locaux rencontrés, va se trouver fortement nuancée par toutes sortes de paramètres. Nous verrons ainsi que les orages d'hiver, qui frappent de façon privilégiée les zones littorales, sont prépondérants dans la plupart des régions qui nous intéressent comme les Charentes ou la Vendée. Ils apparaissent soit en ciels de traîne dans le sillage des tempêtes soit au contraire à l'avant des fronts, ou lors de ces redoutables lignes de grains qui nous ont valu quelques unes de nos tornades les plus mémorables.
D'une façon générale dans nos régions (comme pour le NPDC ou d'autres régions "hors couloir" qui se font régulièrement remarquer par leurs tornades et autres phénomènes violents orageux), la question de l'intensité moyenne reste posée. Est-elle équivalente ou supérieure à la moyenne de celle des régions du couloir d'orages Sud-Ouest/Nord-Est ? On notera pourtant que ce dernier semble être le couloir privilégié des supercellules, ces orages très puissants qui génèrent les tornades les plus violentes...

On voit bien ici que la science des orages et tout particulièrement celle de leur climatologie en France recèle encore de nombreuses zones d'ombre, et donc autant de domaines à explorer et de découvertes possibles à la clé. 
Nous tenterons dans ces pages climatologiques de faire la synthèse de ce que nous savons, avec cette double approche des zooms département par département et par type de phénomène (grêle, tornades, foudre...). Notons bien que ces pages se construiront au fur et à mesure de nos recherches et constats en temps réel, notamment via les chasses et observations de terrain. Elles seront donc amenées à évoluer et s'actualiser fréquemment.

Voir aussi : Les tornades en Centre Ouest

 

* Palmiers.bretagne.free.fr
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Données extraites du site Panneaux-solaires.net (source d'origine inconnue, probablement Météofrance)

 
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Carte de la fréquence des orages 1950-1980 - © AlexHermant, 1999

Carte du risque grêle - © Freddy Vinet. Extrait de l'ouvrage VINET F. Le risque-grêle en agriculture. Edition Lavoisier, Tec&Doc. (2000)

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