Cartes et données statistiques dans le Centre Ouest

 


Bienvenue sur notre cartothèque climatologique régionale, la première du genre, qui synthétise les données déjà connues en y ajoutant le fruit de nos études et recensements locaux.

 

 

 

Données d'ensoleillement, de températures, de vents forts (non convectifs) et de pluviométrie dans notre région, relevés sur une période de référence de 30 ans*. Non seulement ces données posent un cadre général mais il faut savoir qu'elles interagissent avec celles plus spécifiquement orageuses. Le rôle joué par l'ensoleillement sur l'occurence journalière des tornades par exemple a été mis en évidence par la répartition journalière de ces dernières, dont le pic se décale en fonction de la saison. Il est donc intéressant d'aborder la question de la climatologie régionale par ces données générales. 
Sans surprise les vents les plus forts concernent le littoral mais on constate aussi le même phénomène pour l'ensoleillement, dont les taux les plus forts (2200 h/an et plus) font la réputation des littoraux charentais et vendéens.

Les cartes ci-dessous,  produites en collaboration avec le site de climatologie Climate-Data (source des données : lameteo.org), couvrent la période allant de 1981 à 2010 et proviennent des mêmes stations retenues que celles de la section climatologie orageuse générale.
Ultérieurement, des cartes départementales seront insérées. Elles seront construites à partir de données 1948-1999 issues d'une base de données bioclimatologique très riche (Sophys) où l'on peut disposer de davantage de postes d'observations. Cette multiplication des sources autant que l'allongement de leur période de référence leur confèrera une qualité informative encore plus importante.

* Période de référence à partir de laquelle on considère que les données ont une portée réellement climatologique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rappelons avant toute choses certains faits incontournables, bien trop souvent ignorés y compris dans les milieux initiés.
Les données les plus connues et bénéficiant de la période de référence la plus longue concernent les journées d'orages (foudre ou simple tonnerre entendu), les épisodes cévenols et inondations (très étudiés par Météofrance et la recherche française en raison de leur caractère destructeur et de leur impact économique) et dans une moindre mesure les données relatives à la grêle (ANELFA).
Disons-le clairement, le reste des données orageuses, notamment concernant les structures orageuses (SC, structures multicellulaires comme les MCS ou MCC, lignes de grains...) ou les phénomènes venteux localisés, rectilignes ou tourbillonnaires, ne peuvent pas encore faire l'objet de statistiques climatologiques fiables  :
- Les différentes structures orageuses dans nos contrées, notamment les supercellules, n'ont fait l'objet d'études et de recensement systématiques que depuis quelques années seulement (depuis 2009 environ), alors qu'il faut 30 ans minimum de recul voire plus pour que des données prennent une véritable valeur climatologique. 
- Sur les phénomènes venteux tourbillonnaires et rectilignes, même si dans la tranche des cas les plus puissants le recensement remonte jusqu'au Moyen-Age, nous manquons toutefois de recul exhaustif en deça des années 2000. Le recensement, dépendant des sources médiatiques ou administratives, devient beaucoup trop lacunaire dès qu'on remonte le temps. Et surtout à ceci s'ajoute l'inégalité de couverture des différentes régions de France inhérente aux difficultés propres au recensement en Europe.
Toute statistique émise dans ces domaines ne peut être qu'au mieux une simple estimation.

Par contre, il est notable que la climatologie des tornades en Centre-Ouest bénéficie, elle, du recul exhaustif de 20 ans et jusqu'à 40 ans de collectage de l'étude menée par N. Baluteau sur la zone autour des Charentes. Ce recul exceptionnel confère une certaine fiabiltié aux chiffres de densité de cette zone centrée sur le 17, zone que l'on peut considérer comme l'une des plus touchées en France avec 1 à 2 tornades significatives* en moyenne/an depuis 1971 . Il semble aussi que les tornades aient une tendance à y être moins intenses (grosse majorité de F1) que dans les zones également touchées du nord de la France. Sur les autres départements de notre région, le recensement en revanche relève du contexte général, lacunaire en deça des années 2000. Il convient donc de rester prudent.  

* Il s'agit ici des cas dont l'intensité est >= F0/T1, cad ayant provoqué un minimum de dégâts.

 

Climatologie orageuse générale

 

Sans surprise, la carte générale de répartition du nombre de jours d'orage laisse clairement apparaître localement la limite entre le classique couloir national (dans lequel sont englobées le sud 33, le 24  et de façon dégressive, le sud 17, le 16 et le 87) et le nord de nos régions. Le critère du simple coup de tonnerre entendu, retenu par les stations MF, a toutefois ses limites souvent débattues.
On remarquera aussi que le zonage du risque grêle correspond davantage à celui des précipitations (voir au-dessus) qu'à celui du nombre de jour d'orages, ce qui laisse supposer une proportion non négligeable des précipitations convectives sur le total des précipitations. En particulier le SO de la Dordogne, zone la plus dense en orages, figure paradoxalement parmi les zones comptant le moins grand nombre de jours de grêle (35 jours d'orages et plus en moyenne sur l'année et moins de 2 jours de grêle sur le total). On sait que cette même dichotomie se rencontre avec le rapport densité orages/densité de tornades sur l'ensemble du pays.
Ces deux cartes sont produites en collaboration avec le site de climatologie Climate-Data.

 

Climatologie tornadique

Carte des cas de tornades recensés dans le centre-Ouest au 31 décembre 2013
- ©  Kévin Petit, Ouest-orages

Densité des tornades par département dans le centre-Ouest au 31 décembre 2013
- ©  Kevin Petit, Ouest-orages


On remarquera la zone de concentration charentaise déjà évoquée plus haut, qui s'étend grosso modo sur 10 000 km2 (pratique !), où la densité est d'à peu près 1 à 2 cas significatifs*/an, 2 cas/an depuis 1994 et dont on estime la densité globable toute intensité confondue à 5-6 cas/an. Les autres caractéristiques climatologiques de cette zone rejoignent dans les grandes lignes celles de la région.

* désigne ici les cas dont l'intensité est >= F0/T1, qui se font remarquer d'une manière ou d'une autre par des dégâts au minimum légers.


Les couloirs de tornades
On distinguera ici les couloirs d'occurrence (différents cas le long d'une ligne, indépendamment de leur trajet propre) et les couloirs de trajet (un trajet suivi par plusieurs cas successifs).
- Un couloir d'occurrence de tornades de 80 kms environ court de Haimps à l'île de Ré. Identifié et mis en évidence par plusieurs méthodes d'approche, il ressort même sur des cartes de cas établies depuis 2001. Avec 1 cas recensé/8 kms en moyenne, il est probablement l'un des plus longs et des plus denses à la fois en France et peut être corrélé avec un front de brise, facteur notoire de forçage local, qui se situe sur la même ligne et se matérialise fréquemment en période d'instabilité sous forme de nuées orageuses.
- Un autre couloir semble se dessiner le long de la Dordogne sur les dernières années (voir carte de gauche). Si avéré, il pourrait être lié à la présence du cours d'eau lui-même, source d'humidité et donc d'alimentation pour les orages. Mais cela reste à confirmer sur la durée, le recul chronologique étant court.


  La zone de densité dite "charentaise"

ANNEE 2013  Cartes comparées des tornades recensées et des différents autres phénomènes orageux  (extraits des deux bilans annuel 2013)
Chutes de grêle, rafales rectilignes localisées et généralisées et cas de tornades.


Carte des cas de tornades recensés dans le centre-Ouest sur l'année 2013
- ©  Kévin Petit, Ouest-orages


Phénomènes orageux recensés dans le centre-Ouest sur l'année 2013
- ©  Astrid Neveu, Climate-Data

 

Répartition saisonnière des tornades en région centre Ouest (85, 79, 86, 87, 17, 16, 33, 24) sur la période 962-2014 - ©  Ouest-orages

 

Répartition saisonnière des tornades d'intensité >= F2 en région centre Ouest (85, 79, 86, 87, 17, 16, 33, 24) sur la période 962-2014 - ©  Ouest-orages

La répartition des intensités par saison met en avant la composante hivernale de la climatologie tornadique dans ces régions littorales soumises aux orages d'hiver. Malgré la présence de départements situés davantage dans les terres comme le 87 ou le 24, on notera que les résultats pour l'ensemble de la région sont le reflet de ceux déjà obtenus pour la zone de concentration charentaise avec 2 voire 3 pics saisonniers durant les mois d'été, le mois de novembre et le mois de janvier. Pour la répartition saisonnière des cas puissants (intensité >= F2), un seul pic : le mois de novembre !
Données à relativiser bien sûr pour les raisons énoncées au-dessus de nombreux cas même puissants nous étant encore inconnus, mais à prendre toutefois en considération. Les orages et tornades d'hiver sont une caractéristique de la climatologie orageuse des régions littorales, atlantiques ou méditerranéennes.

 


 

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