Tornade sur Le Pin (17), 18 juillet 2013

 

 



 

Date, horaire      18 juillet 2013   vers 17 h

Localisation        Le Pin (17)

Phénomène        Tornade probable        Intensité  F1     

Dimensions        (portion relevée par notre enquêteur) Longueur du trajet :  500 m env  /  Largeur :  de quelques mètres à 80 m   

Description        Un cas dont les dégâts se sont mêlés à ceux de plusieurs violentes vagues orageuses survenues quelques jours après, ce qui a rendu difficile l'identification de la tornade.
Une brève de Sud-Ouest rapporte que le 18 juillet 2013, des agriculteurs et autres habitants du petit village du Pin, dans l'extrême sud de la Charente Maritime, sont témoins du passage d'un phénomène durant une durée estimée à 8 minutes, probablement beaucoup moins (2-3 minutes tout au plus). Après enquête, il s'avère qu'il y a bien eu tornade, avec deux témoins direct dont l'un en particulier aurait eu le loisir de l'observer à une certaine distance. L'autre, propriétaire d'une piscine endommagée, s'était trouvé trop près pour le distinguer réellement. Le tourbillon se serait déclaré dans un contexte calme sans autre phénomène particulier, mais la pluie a aussitôt suivi son passage et  l'image radar à 17 h montre des échos très intenses au niveau du secteur. On sait que de gros orages ont éclaté et perduré durant la nuit, avec cette fois-ci des rafales convectives dont nous avons également reçu un témoignage (voir au-dessous).

L'un de nos coéquipiers s'est rendu sur place et a ramené les photos reproduites ci-dessous, prises par l'un des témoins. Le village ayant été frappé quelques jours plus tard par les violentes dégradations orageuses des 25, 26 et 27 juillet, le tri a été difficile à faire parmi les dégâts qui de plus avaient déjà fait l'objet d'un début de nettoyage. Mais des témoins ont assisté notre enquêteur et l'ont aidé à bien dissocier les dégâts, ceux de la tornade s'étirant sur un couloir d'environ 500 m sur environ 80 m de large. Sur ce couloir des arbres ont été déracinés, des branches vrillées notamment celles d'un vieux chêne (avec un résultat similaire à celui constaté sur Aumagne en septembre dernier). Une petite cabane non fermée en tôle et en bois a été détruite. Notre enquêteur relevait la présence de deux arbres déracinés couchés dans la même direction à proche distance l'un de l'autre. Peu de temps, nous interrogions une première personne témoin qui nous fait le récit des violentes rafales de la nuit, essuyées à 2 kms environ du Pin alors qu'elle rentrait au village vers 1 h - 1 h 30 du matin.

Sur le moment, l'absence de témoignage sur le phénomène survenu à 17 h ainsi que les deux arbres couchés dans le même sens nous ont incités à rester prudents, mais un autre témoignage recueilli ensuite au téléphone, celui d'une personne de la mairie, allait cette fois-ci rapporter les dires du témoin direct lequel décrit alors une colonne tourbillonnaire "très bruyante". Cette dernière aurait touché le sol au niveau du bois du Marteau et se serait déplacée jusqu'au lieu-dit Chez Bernon en direction du Nord/est. Le revêtement plastique d'une piscine aurait été aspiré avec l'eau qui était dessous et le tout aurait survolé l'église. Elle nous rapporte que des toitures ont été soulevées ou arrachées, et évoque elle aussi des arbres arrachés et(ou) vrillés. D'après la brève de Sud Ouest un bassin pour les bovins aurait été traîné sur plus de 25 m. 
Le deuxième témoignage rejoint le premier pour la longueur du trajet : quelques centaines de mètres tout au plus mais estime une largeur beaucoup plus courte. Cette dernière a du fluctuer au cours de ce trajet pourtant bref. Cette longueur semble toutefois concerner le couloir de dégâts uniquement, puisque tracé sur une carte, le trajet depuis le lieu de la formation du phénomène  jusqu'à celui de sa dissipation (lieu-dit Chez Vernon) est nettement plus long. Par prudence, nous n'avons retenu pour l'instant que la portion la plus courte, celle étudiée par notre enquêteur.
L'intensité maxi a été estimée à F1 à cause des arbres solides déracinés.

De façon générale, il subsiste d'énormes incertitudes concernant le trajet du phénomène, que seul un zonage devrait permettre de localiser sommairement. C'est pourquoi nous ne reproduisons ci-dessous que la carte de la portion étudiée par notre enquêteur, cette dernière déjà sujette à une certaine marge d'incertitude. De plus le fait de ne pas avoir pu m'entretenir directement avec les deux témoins directs du phénomène m'a incité finalement à classer le cas comme probable, précaution formelle certes (les descriptions des témoins visuels sont sans ambiguité aucune) mais néanmoins motivée par la nécessité de rigueur méthodologique et en rapport avec toutes les autres incertitudes de localisation. 
 

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LA PRESSE



Article du quotidien local La Haute Saintonge, paru le 26 juillet 2013 :







Brève publiée par Sud Ouest, édition du 20 juillet

UNE TORNADE DANS LE VILLAGE

Grosse frayeur jeudi soir, vers 17 heures, dans le village du Pin, près de Jonzac. Pendant huit minutes, une tornade a traversé la commune, provoquant de nombreux dégâts dans les propriétés et les exploitations agricoles. (SEURIN Ysaline)

Grosse frayeur jeudi soir, vers 17 heures, dans le village du Pin, près de Jonzac. Pendant huit minutes, une tornade a traversé la commune, provoquant de nombreux dégâts dans les propriétés et les exploitations agricoles. Un bassin pour les bovins a ainsi été traîné à plus de 25 mètres et un arbre centenaire n’a pas résisté.

 




IMAGE RADAR  17 H locales  (source : Infoclimat)


On y distingue deux zones d'intensification locales très proches à la hauteur du Pin (flèche).
Attention, la référence à la "forme de virgule" ne doit pas induire en erreur. Il ne s'agit bien évidemment pas d'un écho en crochet, mais d'une simple forme en virgule résultant de deux averses simultanées. Ces dernières sont issues de deux monocellulaires situés l'un à côté de l'autre, la formation de celui de gauche ayant peut-être été favorisée par le courant de densité issu de celui de droite. De plus, la cellule qui a probablement donné vie à la tornade a eu une durée très brève. On ne peut donc parler de mésocyclone ni d'écho en crochet en tant que signature supercellulaire. La tornade recensée ici est une tornade de type B.








CARTE DU TRAJET ET PHOTOS 


V
oici la carte du couloir de dégâts étudié, établie par Thomas Haut d'après les premiers résultats d'enquête. Au-delà de cette portion représentée ici ont été établies plusieurs hypothèses (dont la carte en dessous) mais le trajet exact et exhaustif de cette tornade reste encore à déterminer :



 

Carte du trajet établie par Thomas Haut localisant les dégâts dus au phénomène du 18 juillet :

1) Localisation de la cabane détruite

2) la ferme où habitent les témoins interrogés. A ce niveau, on a retrouvé les branches de chêne cassées et vrillées, mais la zone avait été nettoyée. Par contre, juste à côté, une construction en tôle n'a rien eu. Un cerisier déraciné dans le jardin, mais qui serait resté sur place, une branche cassée sur un autre.

3 et 4) Arbres déracinés et couchés dans la même direction. Ces zones 3 et 4 peuvent avoir été impactées non pas par la tornade mais par les micro/macrorafales qui ont suivi, les deux phénomènes s'étant succédés sur le secteur. 




Les deux premières photos suivantes montrent les branches cassées et vrillées près de la ferme du témoin. Sur la première, on distingue au premier plan la construction en tôle restée indemne :









Sur les deux photos suivantes les arbres déracinés, dont on voit que le deuxième était déjà partiellement débité  :








Photo de la cellule orageuse vraisemblablement responsable de cet évènement, prise à 20 kms environ de la commune par le chasseur Benoît Thibaud :







PREMIER TEMOIGNAGE sur les vents convectifs qui ont suivi durant la nuit :  

La fille de la personne interrogée par notre enquêteur nous confie qu'elle a bien cru que sa voiture allait être renversée par le vent à 2 kms du bourg, au niveau du lieu-dit Le Breton, alors qu'elle rentrait chez elle sur les coups de 1 h - 1 h 30 du matin. Elle décrit un orage virulent, très électrique ("beaucoup d'éclairs"), avec des nuages qu'elle estime de petite taille, répartis autour d'elle et que la lumière des éclairs devait lui permettre de voir. Le vent se serait donc levé et a très vite atteint son paroxysme alors qu'elle se trouvait à la hauteur du Breton. 10 minutes plus tard, elle parvenait à rejoindre le Pin. C'est alors que les lumières du village se sont éteintes (le courant devait être rétablie le lendemain soir seulement) et qu'une grosse averse est tombée sur le village.
Etant donné l'étendue du phénomène qui a laissé des traces visibles sur tout le trajet qui restait à parcourir, cette personne nous décrit là selon toute vraisemblance des vents convectifs rectilignes, survenus durant la nuit (nuits suivantes durant les dégradations qui ont suivi ?...).  



 

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