Tornade(s) probable(s) vers Chizé (79) - 13 fév 1900

 
 

 

 

Date, horaire      Soirée du 13 février 1900   

Localisation       Chizé et environs (79)

Phénomène       Tornade probable          Intensité maxi    F3 - F5 ?

Dimensions        Longueur du trajet :  inconnue  /   Largeur maxi : inconnue

Description        Cette date est connue pour être celle d'une puissante tempête ayant sévi sur ce secteur ainsi que sur une grande partie du pays des Deux-Sèvres à la Franche-Comté, avec des rafales de vent comprises entre 100 et 180 km/h (source Guillaume Séchet). Jean-Luc Audé évoque ce même évènement dans sa Chronique du Climat en Poitou-Charentes-Vendée avec un extrait du journal Le Mémorial, qui parle de tornade mais en des termes trop imprécis pour que l'on ait pu se déterminer jusqu'à présent. D'autres sources parlant d'"ouragan" évoquent manifestement elles aussi la tempête qui a sévi sur le pays.
Mais plus récemment, nous avons retrouvé une mention dans le Bulletin de la Commission Météorologique des Deux-Sèvres mentionnant cette fois-ci des orages pré-frontaux ayant sévi dans le milieu de l'après-midi et en début de soirée du 13, avant que les vents ne se mettent à souffler à partir de 19 h locales environ.
Et surtout la liste des dégâts qui suit comporte un "détail" ahurissant suggérant que cette liste pourrait mélanger les dégâts causés par la tempête elle-même avec ceux d'éventuelles tornades, et que l'une d'entre elles aurait même pu atteindre le stade F5 (voir le billet publié sur notre blog à ce propos). Notons au passage que ce type d'amalgames est monnaie courante dans les sources (notamment journalistiques) relatant des tornades hivernales pré- ou post- tempête, y compris pour les cas plus récents. Ici en particulier, c'est dans les environs de Chizé qu'une tornade pourrait avoir sévi, signant son passage par le soulèvement de toute une chaussée sur une longueur de 40 mètres, avec les arbres qui s'y trouvaient plantés (!). Si vraiment direct ce soulèvement laisse en effet supposer des forces d'arrachement liées à la chute brutale de la pression au passage du phénomène, physique des forces typique des tornades même s'il ne faut pas sous-estimer la force extraordinaire des autres phénomènes. D'autres détails, notamment les chiffres précis mentionnant des longueurs et largeurs de dégâts très localisées (les 67 peupliers déracinés sur 3 kms toujours sur ce même secteur), confortent cette hypothèse tout en suggérant un couloir de dégâts atteignant au minimum cette dimension. 
BIen sûr toutes ces présomptions ne sont pas probantes et vu nos informations par ailleurs très limitées, nous préférons classer ce cas comme simplement probable.
Toute personne susceptible de nous apporter des informations et(ou) de la documentation encore inédite sur ce cas est vivement invitée à nous contacter via notre formulaire Contact.

Recenseur          Ouest-orages (primo-informateur : Gwenaël Milcareck)

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Extraits d'archives et autres documents


"Un cyclone, d'une rare violence, a sévi sur toutes nos régions dans la nuit du 13 au 14 Février. Dans la soirée du 13, vers 4 heures, des manifestations orageuses se produisirent sur divers points; à 7 heures du soir, le vent est dans toute sa force et souffle en tempête jusque 3 heures du matin. Les dégâts sont considérables: des toitures sont enlevées, de nombreux arbres arrachés; près Chizé, toute une chaussée soulevée sur une longueur de 40 mètres, avec les arbres qui s'y trouvent plantés; sur une des rives de la Boutonne (rivière traversant Chizé), 67 peupliers déracinés sur une longueur de 3 kilomètres; mêmes dégâts sur tous les points tant au Nord qu'au Sud, car le vent a fait rage partout. Dans le marais, les arbres maltraités se comptent par centaine"
Bulletin de la Commission météorologique des Deux-Sèvres, 14ème année, 1900-1901.
Lien Bibliothèques.meteo.fr (archives de Météo France). Lien direct protégé.



"Février : La forêt de Chizé traumatisée, arbres déracinés par une tornade."
Journal Le Mémorial, cité par Jean-Luc Audé dans son ouvrage Chroniques du Climat en Poitou-Charentes-Vendée, Lonali éditions, 2006.



"13 février [1900] : un véritable ouragan provoque des dégâts sur toute la France, notamment des Deux-Sèvres à la Franche-Comté : les rafales de vent sont comprises entre 100 et 180 km/h (160 km/h à la Tour Eiffel).
Guillaume Séchet, Quel temps !. Chronique de la météo de 1900 à nos jours, éditions Lhermé, 2004. Page 6. 



Un autre témoignage qui confirme la présence d'orages préfrontaux. Ici, à Paris à 18 h locales :

"Depuis quelques années les orages hivernaux semblent devenir plus fréquents sur notre région ; déjà le 1er Janvier dernier on avait entendu tonner sur Paris, mais l'orage qui a éclaté dans la soirée du mardi 13 a atteint une plus grande intensité. Dans la soirée, vers 6h, il est tombé une pluie fine précédée d'une ondée violente et de très courte durée ; le brouillard qui s'est formé aussitôt est devenu en quelques minutes très opaque, et sur certains points de la capitale on ne distinguait plus les objets au delà d'une cinquantaine de mètres. Pendant ce temps l'orage commençait ; les premiers éclairs aperçus qui étaient assez intenses pour éclairer la partie supérieure du brouillard, se succédaient très nombreux. De la Tour Saint-Jacques, on entendait à 7h18 un premier coup de tonnerre, suivi d'autres à 7h30, 7h35, 7h38 et 7h44 ; ce dernier qui a sillonné l'air au-dessus de la rive gauche a été d'un éclat remarquable. Cet orage a donné naissance à une pluie qui a précipité le brouillard en quelques minutes. […] Après l'orage, nous avons subi le passage d'une bourrasque d'une intensité extraordinaire, à la fois par sa durée et par la force et le nombre de ses coups de vent. Le vent a commencé à souffler en tempête, vers 8h du soir, se maintenant d'abord à une vitesse moyenne de 15 à 18 m/s à la hauteur des toitures, c'est à dire à une vingtaine de mètres au-dessus du sol ; cette vitesse a progressivement augmenté, pour donner des maximums moyens de 23 m/s à la Tour Saint-Jacques et 39,5 m/s à la Tour Eiffel, et des à-coups bien supérieurs. Les anémomètres de la Tour Eiffel et Montsouris ont enregistré, le premier, un maximum de 44 m/s à 5h40 du matin, et le second 33 m/s à minuit 45. Cette bourrasque qui a causé de nombreux accidents a duré toute la nuit, et c'est seulement pendant l'après-midi du lendemain que le vent a perdu de sa violence. Le passage de cette dépression a déterminé une oscillation barométrique rarement enregistré dans notre région. Parti d'un minimum de 738,2 mm le 14 à 3h20 du matin, le mercure atteignit 767,4 mm le lendemain à 2h20, accusant ainsi un mouvement de hausse de plus de 29 mm en 23 heures dont 28 mm en 19 heures."

Directeur de l'Observatoire météorologique de la Tour Saint-Jacques
Source : La Nature, volume 28, 1er semestre page 210. Lien


 

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