Tornade F3 à Masseret (87-19) - 31/05/1865

 

 

Le 31 mai 1865, au sein d'un orage de grêle destructeur qui a parcouru plus de 50 kms entre Dordogne et Corrèze, une tornade de très forte intensité (classements ESSL : F3 / Kéraunos : EF4) parcourt 37 kilomètres minimum en Haute-Vienne et en Corrèze sur une largeur d'environ 600 mètres. Des dizaines de milliers d'arbres déracinés, une centaine d'habitations fortement endommagées, des voitures transportées, des personnes emportées, des animaux tués... font partie du bilan de cette tornade dévastatrice, rapportée par une étude de terrain effectuée à l'époque par L. Leygonie pour Le Courrier du Centre et reportée sur le site Kéraunos.  

 

 


Date, horaire  31 mai 1865 vers 18h45 locales
Phénomène  Tornade (type A)
Statut Validée  

Intensité  F3   (classement ESSL)
Intensité moyenne   Inconnue
Vitesse de déplacement  18 m/s (65 km/h)



LOCALISATION  [données issues du dossier de Kéraunos]

Communes traversées  8 communes et plus de 20 hameaux concernés. SAINT-YRIEIX-LA-PERCHE (rivière la Loue, carrière de kaolin, la Faye, la Vauzelle, Lavaud) ; COUSSAC-BONNEVAL (Angelot, Bois-Vicomte, le Chaillaud, la Ribière, la Pouge, la Courtette, Breuilhatour, Puy du Lac, Marsac, Pressac) ; MEUZAC (Royer, la Nouaille) ; MONTGIBAUD ; BENAYES (Fardet, chez Vergnaud) ; MASSERET (village) ; LAMONGERIE ; MEILHARDS (Sauviat, la Besse) 
Départements traversés   Haute-Vienne (87), Corrèze (19)
Lieu de formation  Saint-Yrieix-la -Perche, sur le ruisseau de la Loue.
Lieu de dissipation  Les dernières traces certifiées de la tornade ont été relevées sur la commune de Meilhards
Altitude moyenne   405 m
Type de terrain  
terrains ruraux et boisés alternant avec des zones plus modifiées-urbanisées



TRAJET ET DIMENSIONS   [données issues du dossier de Kéraunos]

Longueur trajet   37 kms (longueur minimale reconnue)
Orientation   SO/NE         
Largeur maxi   Inconnue précisément (2 kms ?)
Largeur moyenne   600 m (aspirations périphériques à près de 2 kms du vortex rapportées par la primo-source)



DESCRIPTION  [données issues du dossier de Kéraunos]

Dégâts   Les deux zones les plus lourdement impactées se situent respectivement entre Coussac-Bonneval et Meuzac, où plusieurs hameaux sont entièrement rayés de la carte, et à Benayes et Masseret, où plusieurs maisons auraient été entièrement détruites. On mentionne une centaine d'habitations détruites ou fortement endommagées, des hangars, bâtiments industriels ou agricoles détruits, 80 000 arbres déracinés, dépouillés de leurs branches ou cassés, des zones forestières dévastées, des personnes emportées par le tourbillon, des animaux blessés ou tués, des voitures emportées notamment l'une retrouvée dans un fossé avec son chargement de 2 tonnes. Des objets en provenance de Masseret sont retrouvés à Meilhards à 12 kms de distance. A l'est de Saint-Yrieix-la-Perche, une entreprise de porcelaine est détruite. Au-delà des dégâts strictement imputés à la tornade, d'autres en deça et au-delà de son trajet n'ont pu être corrélés à un phénomène précis. D'autres encore sont dus aux violentes chutes de grêle qui ont accompagné le phénomène (destruction de récoltes, de certains toits) notamment dans les carrières de kaolin de Marcognac (Saint-Yreix).
Le coût des dégâts s'élève à 300 000 francs d'après Le Courrier du Centre.

Bilan humain  Probablement de nombreux blessés (plusieurs personnes ont été emportées par le tourbillon jusqu'à une hauteur de 100 m !) mais heureusement aucun décès. 200 familles se retrouvent sans logement. 
Bilan animal   De nombreux animaux d'élevage ont été tués par effondrement de leur abri ou frappées par des projectiles. Deux têtes d'oies décapitées sont emportées par le tourbillon.

Contexte   L'hypothèse soulevée via le programme 20th Century Reanalysis se révèle très favorable à la formation de supercellules avec notamment d'importants cisaillements. La présence de grêlons géants est également un indice significatif. Dans ce scénario, la tornade se serait formée au sein d'un violent orage de grêle, très probablement supercellulaire ou qui aurait évolué vers ce stade, qui aurait lui-même semé la destruction sur une distance de plus de 50 kms entre Dordogne et Corrèze.
Un autre scénario voit la tornade formée en bordure droite d'un downburst ou coup de vent de grain.

Commentaire   Ce cas marquant a été porté à la connaissance publique par Kéraunos à partir de l'enquête menée à l'époque pour le journal Le Courrier du Centre. Il fait vraisemblablement partie de ces nombreux cas qui ont surgi à la lumière grâce à la numérisation massive des archives françaises qui a énormément facilité le travail des recenseurs depuis la fin des années 2000. Ici, en outre c'est son intensité particulière (EF4 pour Kéraunos, F3 pour l'ESSL donc probablement F3/T7) qui fait sa particularité.
Le trajet, précise Kéraunos, est un trajet minimum reconnu. Outre le fait qu'on peut qualifier ainsi tous les trajets qui n'ont pas été étudiés minutieusement sur le terrain directement par le recenseur, il est précisé pour ce cas qu'en-deça et au-delà de ce trajet les autres dégâts relevés n'ont pu être imputés à la tornade. Idem pour le trajet de l'orage lui-même.


 

Recenseur  Kéraunos (primo-source : enquête L. Leygonie pour Le Courrier du Centre)

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Localisation du phénomène

 

 

 

Carte du trajet (Kéraunos)





 

Carte du trajet

La carte du trajet a été établie par Kéraunos à partir des documents d'archives. La bande rouge indique la zone maximale impactée, incluant les aspirations périphériques relevées jusqu'à 2 kms de distance mentionnées par la source.

                                                 
                                                                                               Carte du trajet - © Kéraunos
 

 


 

Contexte météorologique


Pour les cas très anciens comme celui-ci, nous ne disposons évidemment pas de données chiffrées, d'indices particuliers ou de descriptions analytiques scientifiques fondées sur les connaissances actuelles. Il n'est donc pas aisé la plupart du temps d'en cerner précisément le contexte météorologique, surtout pour nous qui ne disposons pas de moyens techniques suffisants.
- Un scénario possible est avancé par Kéraunos qui a remodélisé la situation à l'aide de 20th Century Reanalysis. Ce programme permet de reconstituer des situations météo anciennes pour lesquelles nous possédons des données succinctes, en remontant jusqu'à 150 ans en arrière. Dans ce scénario, la tornade se serait formée au sein d'un violent orage de grêle, très probablement supercellulaire ou qui aura évolué vers ce stade, qui a lui-même semé la destruction sur une distance minimum de plus de 50 kms entre Jumilhac-le-Grand (Dordogne) et et Chamberet (Corrèze). Son caractère supercellulaire ne fait guère de doutes du fait déjà de la présence de grêlons géants, en réalité agglomérats de grêlons (formes "étranges" décrites par les témoins) dont beaucoup auraient pesé entre 400 et 500 g, jusqu'à 750 grammes pour certains (!). Le caractère très délimité du couloir plaide aussi pour cette probabilité (une supercellule est une cellule unique, qui peut certes s'agglomérer avec des congénères en formant des amas supercellulaires, mais peut aussi évoluer seule, ce qui semble avoir été le cas ici).
Il faut bien sûr considérer la fiabilité relative de ces remodélisations, qui ne tiennent pas compte des nombreuses inconnues subsistant encore à l'heure actuelle dans notre connaissance des contextes tornadogènes européens. Mais si on accepte de raisonner en terme d'hypothèses, il est vrai qu'elles permettent de soulever des scénarios intéressants. Ici le cas de figure reste classique pour ce type de phénomène très puissant. La situation globale reconstituée est très propice à la formation de structures supercellulaires : rapide flux de Sud-ouest, Limousin située en entrée droite diffluente d'une branche du courant-jet... La présence d'un thalweg thermique à l'étage moyen, d'un air doux et humide en basses couches et d'une grosse instabilité sur les zones impactées couplée d'un fort cisaillement font de cette situation présumée un contexte tout à fait plausible pour cette tornade. →  Pour une analyse plus complète, voir le dossier de Kéraunos.
- Selon un autre scénario avancé par les recenseurs Jean Dessens et François Paul, la tornade a pu également se développer en bordure droite d'un downburst ou coup de vent de grains.

                                   
Cartes de la situation reconstituée. De gauche à droite : vitesse des vents moyens (en km/h) à 500 hPa pour le 31/05/1865 /  Potentiel supercellulaire pour le 31/05/1865  - NOAA/ESRL PSD Century Reanalysis v2c © Kéraunos

 


 

Ressources

 

♦  Le Courrier du Centre, Vendredi 2 Juin 1865  FR87 

Un épouvantable orage a fondu avant-hier sur Saint-Yrieix et sur les communes avoisinantes, où il a causé d’irréparables ravages. Voici quelques détails que nous recevons à ce sujet : L’orage qui grondait depuis le matin a éclaté vers sept heures du soir. Il suivait une ligne large de deux kilomètres et se dirigeait de l’ouest à l’est, poussé par une trombe de vent, à la violence de laquelle rien n’a pu résister. Les plus vieux arbres ont été brisés « comme des allumettes. »
Après avoir passé sur Saint-Yrieix, dont la partie haute a surtout souffert, l’orage se déploya successivement sur Marcognac, Bois-Vicomte, Coussac, Marsac, Pierrefiche, Royer et Montgibaud, dévastant les granges, les maisons, les carrières et anéantissant les récoltes. Les villages de Marsac et de Pierrefiche ont été littéralement broyés. Les belles terrasses du château de Coussac ne présentent plus aujourd’hui qu’un amas immense d’arbres arrachés et brisés. La grande grange du parc s’est affaissée sous la violence du vent, ensevelissant sous les débris non seulement les bestiaux, mais encore trois ouvriers qui, par bonheur, n’ont reçu que des meurtrissures peu dangereuses. Une cabane de la carrière de la Lande, appartenant à M. Merland, a été soulevée et renversée par la trombe au moment où trois ouvrières étaient venues s’y réfugier. Ces malheureuses en ont été quittes pour quelques contusions, mais ce danger n’est pas le seul qu’elles aient couru. Restées sans abris, meurtries par des grêlons énormes, roulées à terre par le vent au milieu des débris d’arbres, elles n’ont échappé à la mort que par une sorte de miracle. Les récoltes sont complètement perdues. Les pertes ont atteint un chiffre considérable. En somme, tout le haut de la ville de Saint-Yrieix a été dévasté, ainsi que les villages situés à gauche et à droite de la route de Coussac.
A Bois-Vicomte, trois ou quatre granges ont été enlevées. A Marsac, l’atelier de kaolin est complètement détruit. A La Courtèle, au Breuilh, à Lavaud, à Pierrefiche, dévastation générale. A Royer, trois ou quatre bâtiments abattus, beaucoup de bestiaux tués. A Montgibaud, grands ravages, dont on ne connait pas encore l’étendue. On craint que les parties dévastées ne puissent plus produire de châtaignes pendant vingt ans au moins.
Nous recevons à l’instant de nouveaux détails sur ce sinistre. Ils confirment les premiers. « Saint-Yrieix et tous les environs, depuis Jumilhac jusqu’à Juillac, ont été abimés. Plus de moissons, ni de foins, et, ce qu’il y a de plus triste, c’est que les arbres ont été brisés et déracinés. Les chemins sont jonchés de troncs et de branches. « A Saint-Yrieix, tous les jardins sont saccagés ; les vitres et les toits des maisons brisés. »
 

♦  Le Courrier du Centre, Samedi 3 Juin 1865  FR87

On nous adresse de Coussac-Bonneval la lettre suivante : « Monsieur le rédacteur, « La commune de Coussac-Bonneval vient d’être ravagée en partie par un ouragan terrible. « La région suivie par l’orage offre au visiteur l’aspect le plus désolant. « J’ai parcouru moi-même les campagnes dévastées ; j’en reviens le noir dans l’âme et mon cœur saigne à l’aspect de tant de malheurs. Je ne vous fixerai pas le nombre des bâtiments emportés, la quantité d’arbres détruits ou arrachés : je craindrais de rester au-dessous de la vérité. « L’orage a éclaté le soir à sept heures, au départ des ouvriers de nos carrières à kaolin. « Peu habitués à une tempête aussi horrible, ces malheureux entreprennent leur route ; mais la pluie et d’énormes grêlons les obligent à se réfugier sous les arbres. A ce moment, la trombe éclate : les uns, saisis par la chute d’arbres centenaires, sont ensevelis sous les branches ; d’autres sont jetés et transportés à des distances prodigieuses. Ici, c’est un père qui veut voler au secours de son enfant, et qui, malgré son ardeur à lutter contre la tourmente, ne peut arriver à son but ; là, c’est un pauvre père de famille qui, par un éclat de bois, a la jambe brisée. « Mais il me faudrait une trop longue lettre si je voulais vous raconter tout ce que nous avons eu à souffrir cette soirée du 31 mai. « Je me bornerai, après ce peu de détails, à vous dire qu’une consternation générale règne parmi nous, et que, émue à juste titre du fléau qui vient de nous frapper, l’administration supérieure viendra avec élan soulager tant d’infortunes. « E. J. E. « Coussac-Bonneval, le 1er juin 1865. »
 

♦  Le Courrier du Centre, Dimanche 4 Juin 1865  FR87

M. le préfet de la Haute-Vienne était en tournée de révision quand il apprit le malheur qui venait de frapper Coussac-Bonneval et les communes avoisinantes. Il se rendit sur le champ sur le lieu du sinistre et s’assura par lui-même de la grandeur du désastre. Chose étrange, l’orage, après avoir dévasté la partie haute de Saint-Yrieix, a complètement épargné la route qui mène de Saint-Yrieix à Coussac-Bonneval. C’est surtout sur la route de Coussac-Bonneval à Pierre-Buffière qu’il a exercé ses ravages. Des châtaigneraies entières ont été brisées d’un seul coup. Les belles promenades du Mas, situées près de Saint-Yrieix et plantées d’arbres centenaires, n’existent plus.
Les grêlons étaient énormes : ils étaient aussi larges, nous écrit-on, que des fonds de bouteilles. Cinq de ces grêlons ramassés au moment de leur chute et mis dans un bocal étaient encore, trente heures après, gros comme des noix. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que de pareils morceaux de glace, tombant avec une vitesse et une force incalculables, aient pu percer une épaisse couverture de cuir placée sur la voiture dun charretier. Ce qui console un peu, c’est qu’on ne signale pas de morts ou de blessures graves. A Saint-Yrieix, les vitres seules et les tuiles ont eu à souffrir. Rien qu’à la sous-préfecture, cent vitres ont été brisées.
Les pertes, comme nous l’avons déjà dit, sont immenses. Partout où l’orage a passé, il ne faut plus compter sur un seul grain de seigle ou de froment. Au château seul de Coussac-Bonneval, les pertes s’élèvent, dit-on, à cent mille francs. Mais ce qu’il y a de plus terrible, c’est la destruction des châtaignes ; non seulement les châtaignes formaient une partie de la nourriture des paysans ; mais elles servaient aussi à engraisser les porcs, dont SaintYrieix et les environs font un commerce considérable.
 

♦  Le Courrier du Centre, Mardi 6 Juin 1865  FR19

Voici quelques détails sur la trombe qui, après avoir dévasté une partie de la Haute-Vienne, a fondu sur la Corrèze et principalement sur le bourg de Masseret :
Masseret, le 4 juin 1865.
Mercredi dernier, vers les sept heures du soir, un nuage d’une couleur sinistre suivait la ligne de l’horizon du sud à l’ouest ; des éclairs argentés sillonnaient la nue ; le tonnerre grondait continuellement ; en un mot, tout faisait présager un orage terrible. Cependant le bourg de Masseret, placé à l’est par rapport au nuage, semblait devoir être épargné, et, au dire de plusieurs personnes, on n’aurait eu que la fin de l’orage. Tout à coup, le nuage qui paraissait presque immobile, a quitté cette immobilité, et avec une effrayante rapidité s’est dirigé sur Masseret, renversant sur son passage les maisons, les arbres, hachant les récoltes et détruisant en quelques minutes (douze au plus) les pénibles travaux de nos cultivateurs.
Cinq maisons ont été entièrement écrasées : les autres offrent l’affligeant spectacle d’une ville assiégée, criblée par la mitraille. Cent familles sont dans la désolation et sans abri. Les dégâts peuvent être évalués à 200 000 francs. On pense, avec raison, que c’est une trombe qui s’est abattue sur notre malheureuse commune.
M. le préfet, averti par M. le maire de la commune de Masseret de cet épouvantable désastre, s’est empressé de se rendre sur les lieux, et, tout en parcourant les rues, a distribué aux plus malheureux les premiers secours que nécessitaient leur position. Sa présence, tout en remontant le moral de nos malheureux sinistrés, a fait rentrer dans leur cœur ce premier rayon d’espérance et de courage qui leur permettra de réparer plus vite qu’ils ne l’auraient fait les dégâts commis.
Longtemps la population de Masseret se souviendra de cette bonne visite et bénira du fond du cœur l’homme qui, brisé par les fatigues d’une longue tournée de révision, n’a pas hésité un instant à quitter le chef-lieu du département pour venir tendre la main aux malheureux.
 

♦  Annuaire de la société météorologique de France  FR87, Tome quinzième, 1867  Des trombes p. 149
A sept heures du soir ((31 mai 1865)) une trombe est signalée à Saint-Yrieix. Elle brise les arbres comme des allumettes ; une cabane est soulevée et  transportée à une distance de plus de cinquante pas.
 

♦  Journal d’Amiens, Dimanche 18 Juin 1865  FR19

Les détails qu’on va lire peuvent expliquer l’abaissement actuel de la température :
Un affreux orage a éclaté, il y a quelques jours, sur les départements du centre de la France, et en particulier sur celui de la Corrèze, où une trombe, qui n’a duré que quinze minutes, a détruit une partie des récoltes, déraciné des milliers d’arbres fruitiers et forestiers, renversé plusieurs maisons, et enlevé plus de 200 toitures avec leurs charpentes, projetées à une distance considérable. Les habitants, effrayés, croyaient leur dernière heure venue ; ils se réfugiaient dans les caves pour ne pas être engloutis sous les ruines de leurs maisons.
Les projectiles volaient en éclats avec une violence extrême ; les fils du télégraphe ont été rompus. Une voiture, portant un chargement de 2000 kilogrammes, a été jeté dans un fossé qui borde la route impériale de Tulle à Limoges. Un jeune homme qui se trouvait sur une éminence a été enlevé, porté à plus de 100 mètres de distance, et n’a dû son salut qu’à une haie contre laquelle il est venu se heurter. De mémoire d’homme on a vu des éléments déchaînés avec une telle fureur sur un espace de 15 kilomètres. Des châtaigneraies ont été entièrement détruites : non seulement les arbres sont déracinés, mais ont été tordus et brisés ; d’autres, d’une grosseur considérable, ont été transportés au loin avec la terre adhérente à leurs racines.
La commune de Meilhard est la plus maltraitée. Le hameau de Sauviastes, composé de sept maisons, a été détruit. Ses habitants sont bivouaqués sous des huttes en chaume, construites en toute hâte pour les abriter pendant la nuit. La ferme de Labesse, l’une des plus considérables du pays, n’existe plus. Ce domaine n’est aujourd’hui qu’une ruine abandonnée.
 

♦  Courrier du Pas-de-Calais, Mardi 20 Juin 1865  FR19

Tulle.- Les détails qu’on va lire peuvent expliquer l’abaissement actuel de la température :
Un affreux orage a éclaté, il y a quelques jours, sur les départements du centre de la France, et en particulier sur celui de la Corrèze, où une trombe, qui n’a duré que quinze minutes, a détruit une partie des récoltes, déraciné des milliers d’arbres fruitiers et forestiers, renversé plusieurs maisons, et enlevé plus de 200 toitures avec leurs charpentes projetées à une distance considérable. Les habitants, effrayés, croyaient leur dernière heure venue ; ils se réfugiaient dans les caves pour ne pas être engloutis sous les ruines de leurs maisons.
Les projectiles volaient en éclats avec une violence extrême ; les fils du télégraphe ont été rompus. Une voiture, portant un chargement de 2000 kilogrammes, a été jeté dans un fossé qui borde la route impériale de Tulle à Limoges. Un jeune homme qui se trouvait sur une éminence a été enlevé, porté à plus de 100 mètres de distance, et n’a dû son salut qu’à une haie contre laquelle il est venu se heurter. De mémoire d’homme on a vu des éléments déchaînés avec une telle fureur sur un espace de 15 kilomètres. Des châtaigneraies ont été entièrement détruites : non seulement les arbres sont déracinés, mais ont été tordus et brisés ; d’autres, d’une grosseur considérable, ont été transportés au loin avec la terre adhérente à leurs racines.
La commune de Meilhard est la plus maltraitée. Le hameau de Sauviats, composé de sept maisons, a été détruit. Ses habitants sont bivouaqués sous des huttes en chaume, construites en toute hâte pour les abriter pendant la nuit. La ferme de Labesse, l’une des plus considérables du pays, n’existe plus. Ce domaine n’est aujourd’hui qu’une ruine abandonnée.
 

♦  Mémorial Artésien, Mercredi 21 Juin 1865  FR19

Tulle.- Les détails qu’on va lire peuvent expliquer l’abaissement actuel de la température :
Un affreux orage a éclaté, il y a quelques jours, sur les départements du centre de la France, et en particulier sur celui de la Corrèze, où une trombe, qui n’a duré que quinze minutes, a détruit une partie des récoltes, déraciné des milliers d’arbres fruitiers et forestiers, renversé plusieurs maisons, et enlevé plus de 200 toitures avec leurs charpentes, projetées à une distance considérable. Les habitants effrayés, croyaient leur dernière heure venue ; ils se réfugiaient dans les caves pour ne pas être engloutis sous les ruines de leurs maisons.
Les projectiles volaient en éclats avec une violence extrême ; les fils du télégraphe ont été rompus. Une voiture, portant un chargement de 2000 kilogrammes, a été jetée dans un fossé qui borde la route impériale de Tulle à Limoges. Un jeune homme qui se trouvait sur une éminence a été enlevé, porté à plus de 100 mètres de distance, et n’a dû son salut qu’à une haie contre laquelle il est venu se heurter. De mémoire d’homme on n’a vu des éléments déchaînés avec une telle fureur sur un espace de 15 kilomètres. Des châtaigneraies ont été entièrement détruites : non seulement les arbres ont été déracinés, mais ont été tordus et brisés ; d’autres d’une grosseur considérable ont été transportés au loin avec la terre adhérente à leurs racines.
La commune de Meilhard est la plus maltraitée. Le hameau de Sauviates, composé de sept maisons, a été détruit. Ses habitants sont bivouaqués sous des huttes en chaume, construites en toute hâte pour les abriter pendant la nuit. La ferme de Labesse, l’une des plus considérables du pays, n’existe plus. Ce domaine n’est aujourd’hui qu’une ruine abandonnée.
 

♦  L’Abeille, journal de Lorient, Jeudi 22 Juin 1865  FR19

Les détails qu’on va lire peuvent expliquer l’abaissement actuel de la température : Un affreux orage a éclaté, il y a quelques jours, sur les départements du centre de la France ; et en particulier sur celui de la Corrèze, où une trombe, qui n’a duré que quinze minutes, a détruit une partie des récoltes, déraciné des milliers d’arbres fruitiers et forestiers, renversé plusieurs maisons, et enlevé plus de 200 toitures avec leurs charpentes, projetées à une distance considérable.
Les habitants, effrayés, croyaient leur dernière heure venue ; ils se réfugiaient dans les caves pour ne pas être engloutis sous les ruines de leurs maisons. Les projectiles volaient en éclats avec une violence extrême.
Les fils du télégraphe ont été rompus ; une voiture portant un chargement de 2000 kilogrammes, a été jetée dans un fossé qui borde la route impériale de Tulle à Limoges ; un jeune homme, qui se trouvait sur une éminence, a été enlevé, porté à plus de cent mètres de distance, et n’a dû son salut qu’à une haie contre laquelle il est venu se heurter.
De mémoire d’homme on n’a vu des éléments déchaînés avec une telle fureur sur un espace de quinze kilomètres. Des châtaigneraies ont été entièrement détruites ; non seulement les arbres sont déracinés, mais ont été tordus et brisés ; d’autres, d’une grosseur considérable, ont été transportés au loin avec la terre adhérente à leurs racines. La commune de Meilhard est la plus maltraitée.
Le hameau de Sauviates, composé de sept maisons, a été détruit. Ses habitants bivouaqunt sous des huttes en chaume, construites en toute hâte pour les abriter pendant la nuit. La ferme de Labesse, l’une des plus considérables du pays, n’existe plus. Ce domaine n’est aujourd’hui qu’une ruine abandonnée.



♦  Dossier-synthèse publié sur le site de Kéraunos
Primo-source : le travail effectué sur ce cas par Kéraunos s'appuie sur une enquête de terrain réalisée à l'époque par L. Leygonie pour Le Courrier du Centre, ainsi que sur d'autres informations publiées par ce même journal.
 



Fiche réalisée à l'aide des données publiées par Kéraunos et documents transmis par François Paul 
Si vous êtes en possession de documents et d'informations complémentaires sur ce cas,  nous vous invitons à nous contacter

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