La tornade F2 de Saint-Seurin-de-Prats (24) - 28 juillet 1835

 

 

 

Date, horaire      28 juillet 1835  

Localisation       Flaujagues près de Sainte Foy (24), Saint-Seurin-de-Prats (24)

Phénomène       Tornade           Intensité    F2

Dimensions        Longueur du trajet :     /    Largeur :   

Description        Lors d'un orage apparemment sec (aucune pluie mentionnée) une tornade se forme au-dessus de Flaujagues, hameau situé à quelques kilomètres de Sainte-Foy, en Dordogne. Cette colonne inclinée, noire et nette, se déplace alors dans la direction Sud-ouest/Nord-est, traverse Flaujagues et file jusqu'à Saint-Seurin-de-Prats. Les dégâts sont lourds par endroits, de très gros arbres sont enlevés ou tordus de façon impressionnante presque à 360° . Des toitures sont arrachés dont l'une emportée et "totalement dispersée". Une autre a vu son plancher de 5 à 6 pouces (env. 12 à 15 cm) arraché avec sa toiture. C'est ce dernier détail qui a motivé le classement F2 puisqu'ici la charpente aurait été enlevée avec la toiture. Nous ignorons cependant la nature de construction de ces maisons, mentionnés dans le texte ci-dessous.
A Saint-Seurin, la zone de destruction la plus intense aurait mesuré environ 50-60 mètres sur 8 à 10 mètres.

Recenseur          Kéraunos/Ouest-orages

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Description extraites des Oeuvres complètes de François Arago, 1859 :


"Le 28 Juillet 1835, le ciel était orageux, le tonnerre grondait avec force, mais il ne tombait pas de pluie. Vers midi, on vit au-dessus de Flaujagues (hameau situé à une lieue de Sainte-Foy, en suivant le cours de la Dordogne) un gros nuage noir vers lequel les autres se précipitaient en tourbillonnant; ceux-ci s'engloutissaient tous dans le premier, qui peu à peu prit une forme allongée vers la terre et se transforma enfin en une colonne inclinée, très noire, très nette, qui communiquait avec le sol. Cette colonne fit une excavation à l'endroit même où elle joignit la terre. Poussés par le vent, le nuage et la colonne cheminèrent d'abord dans la direction du Sud-Ouest au Nord-Est; le bas de la colonne passa sur le hameau de Flaujagues, traversa le Dordogne, atteignit l'extrémité de Lamothe; de là se dirigeant du Sud au Nord, il traversa la commune de Saint-Seurin de Prast et enfin repassa de nouveau sur la Dordogne qui fait un détour. Arrivée au milieu de la rivière, la colonne, dont le diamètre avait été toujours en diminuant, se rompit dans son milieu; la partie inférieure se répandit sur l'eau et la terre en fumée très noire, et la partie supérieure remonta dans les nuages." "Cette colonne parcourut une lieue et cela dans l'espace de 20 minutes; elle ne produisit pas d'eau, mais l'on voyait distinctement dans son intérieur deux courants tournans, l'un ascendant et l'autre descendant. Elle renversa tout sur son passage. A Flaujagues elle enleva 24 gerbes de blé amoncelées: on ne put rien en trouver. Sur la rivière elle saisit le moulin retenu par des chaines contre l'action du courant, et le retourna bout par bout. Dans la commune de Saint-Seurin, la plaine est ravagée sur une longueur de 50 à 60 mètres; mais dans le milieu de cet espace et sur une largeur de 8 à 10 m, tout à été enlevé. J'ai vu des arbres de la grosseur d'un homme dont il ne reste absolument rien, là où il végétaient; plusieurs d'entre eux, que leur force empêcha d'être brisés, furent tordus et tellement qu'un point de la partie supérieure du tronc avait décrit une circonférence presque entière. Dans sa route, la colonne passa sur une petite maison attenante à une plus grande. Sur cette dernière, quelques tuiles furent enlevées; mais la plus petite eut sa toiture entière emportée à plus de cent pas au-delà d'un ravin et totalement dispersée. Plus loin encore, elle enleva une partie de la toiture d'une autre maison; puis, en aspirant, elle souleva le plancher de 5 à 6 pouces." "La colonne s'élargissait à la surface de la terre et laissait échapper une fumée très noire qui couvrit toute la plaine et l'obscurcit tellement que les habitants des collines environnantes annoncèrent que la commune de Saint-Seurin était engloutie et avait tout-à-fait disparu." "Les habitants des collines assurent que le bas de la colonne était lumineuse; les habitants de la plaine disent au contraire n'avoir vu dans toute son étendue qu'une obscurité profonde." "Le tonnerre, qui se faisait entendre avec violence depuis 11 heures du matin, cessa complètement dès que la colonne atteignit la terre; il ne recommença qu'après la disparition du météore." "Il ne plut pas jusqu'au soir. La trombe ne laissa aucune trace d'eau, et la fumée qu'elle répandait n'était pas même humide, d'après ce que disent les habitants du lieu; aucune odeur sensible ne s'en dégageait."

(transmis par Gwenaël Milcareck)


 


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