La tornade de Vendays-Montalivet (33), 18 juillet 1983

 

 

 

Date, horaire      18 juillet 1983 vers 20 h locales

Localisation       Vendays-Montalivet (33)

Phénomène        Tornade        Intensité    F3 

Dimensions        Longueur du trajet :  4 kms    /    Largeur :   200 m   

Description        Le 18 juillet, lors d'un mois de juillet particuliièrement chaud et déjà très instable sur la région, des orages souvent virulents sévissent sur les deux Charentes, les Landes, la Gironde et la Vendée, ainsi que dans l'Yonne et en Seine-et-Marne. Sur le secteur du nord Gironde, ils se montrent particulièrement violents. Une trombe marine s'invite à 18 h UTC (20 h locales) dans les terres du secteur de Vendays-Montalivet dans le nord de la Gironde et y devient une tornade classée F3. En seulement quelques secondes, sur un trajet orienté Ouest/Est, elle frappe une petite portion du centre Héliomarin, connue sous le nom de Village basque, ainsi qu'une autre partie appelée Lilas. On déplore plusieurs douzains de bungalows et de caravanes gravement endommagées et quelques 20 caravanes entièrement détruites. Un vacancier belge est tué par sa caravane soulevée et renversée sur lui. 20 blessés ont été hospitalisés d'après la Préfecture.  Le maire de la commune évoque une " tornade violente aec cheminées d'ascendance aspirant tentes et caravanes."
En tout 40 ha de forêt auront été endommagés. Presque tous les arbres sont cassés net, vrillés ou déracinés sur une ligne d'une largeur d'au moins 100 m et une longueur d'au moins 3 kms, d'après un article paru dans The Journal of Meteorology (janvier 84). Se basant sur les indications du maire de la commune, Jean Dessens recense un trajet de 4 kms et un couloir d'une largeur (maxi ?) de 200 m. Un témoin évoque par endroits une largeur de 100 m environ et une longueur de 500 m. Le trajet aurait-il été fragmenté ce qui pourrait faire envisager une tornade sauteuse ? 
Quoi qu'il en soit, ce trajet reste heureusement court pour une tornade meurtrière de cette intensité, estivale de surcroît.  

D'autres dégâts survenus à Lacanau-Océan, Maubuissson et Carcans-Plage, Naujac-sur-Mer, Les parre et Le Frondasait, rapportés par le quotidien Sud-Ouest, laissent supposer que d'autres tornades aient pu frapper la Gironde. La foudre a également tué un garde-champêtre en Saintonge et un enfant de 9 ans sur l'île de Noirmoutiers. La grêle n'était pas en reste elle non plus puisque des grêlons allant jusqu'à 50 mm de diamètre sont tombés à Nantes et d'autres allant jusqu'à 70 mm (et pesant presque 500 g !) en Dordogne le 19 juillet.

Recenseur          Jean Dessens

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TEMOIGNAGES


Deux témoignages directs publiés dans la revue British Naturism n° 78 (hiver 83), ont été relayés dans l'article cité au-dessus du Journal of Meteorology de Janvier 84.

1) Un couple d'Anglais se trouvait en dehors du trajet de la tornade. ils décrivent ce qu'ils ont vu le long de la route qui bordaient les Lilas, juste après la catastrophe :
"Nous devions découvrir une dévastation digne d'un film d'horreur. Les arbres étaient tombés sur les tentes, les vitres des caravanes avaient explosé, des vêtements, divers effets et des faîtes d'arbres disaient par terre sur le sol mouillé. Cette scène de désolation était rendue plus horrible encore par le fait que sur quelques centaines de m2*, les sommets d'arbres avaient été coupés ou vrillés, comme si un monstre invisible s'était saisi d'un couteau géant et les avait décapités.
Nous avons entendu à plusieurs reprises le mot "minitornade" dans la bouche des Français, des Allemands et des Anglais qui se parlaient en petits groupes. Ils semblaient eux aussi abasourdis que nous à la vue de cette scène.
Nous sentions qu'il devait y avoir nombre de morts et de blessés dans les tentes ou les caravanes. Nous avons vu une caravane complètement renversée, une autre avec un arbre couché en travers. Je me rappelle avoir été conscient de la rapidité avec laquelle pompiers et police se sont rendus sur les lieux. Des ambulances fonçaient et nous pouvions entendre les tronçonneuses en action. Mais l'obscurité grandissante allait rendre difficile le travail des secours.
La zone basque était la plus atteinte. Beaucoup de bungalows étaient fortement endommagés, avec des toitures de tuile retrouvées entières à plusieurs mètres des habitations**. Voitures et vélos étaient ensevelis par les branches de pin cassées, et on aurait dit qu'une bombe avait explosé. Ce n'est que dans les premières heures de la matinée que les ambulances ont cessé de faire hurler leurs sirènes."

*   Texte original : "several hundreds of square miles". 1 square yard = 0,84 m2
**  Texte original : "roofs of tile falling yards away from the buildings". 1 yard = 0,914 m


2) Un autre couple d'Anglais campait dans la zone concernée par le trajet de la tornade. Ils ont décrit ce qu'ils ont vécu :
" Nous venions juste de terminer de manger quand tout-à-coup sans aucun signe avant-coureur, notre tente a décollé verticalement comme une fusée. Notre fils a été projeté au-dessus des tables et des chaises, et souffre de légères ecchymoses au visage et au cou. Nous avons du tenter de retrouver nos biens sous une pluie torrentielle."


Meaden, G. T. , 1984, Journal of Meteorology, 9 (janvier 1984) - extraits traduits de l'anglais par Nicolas Baluteau



Troisième témoignage déposé sur un forum météo :

"Bonjour, en juillet 1983 [..], après une chaude journée, un orage se fait entendre vers 20h. La météo se dégrade donc rapidement jusqu'à arriver à un ciel si plombé qu'on croyait qu'il faisait déjà nuit ! Nous étions en vacances près de Montalivet (33) et notre caravane ainsi que l'auvent bougeaient dans tous les sens. Ce dernier menacait de s'envoler. Un déluge s'est abattu et commençait à inonder le sol situé sous l'auvent ! Eclairs, tonnerres, un bruit continu lié au vent mais les arbres perdaient aussi beaucoup de branches. Après l'orage, on a compris rapidement le drame qui venait d'avoir lieu... Les sirènes nous ont guidé vers un endroit du camping qui venait d'être ravagé par une tornade. La forêt était dont ravagée sur une centaine de [mètres de] large et sur plus de 500 mètres de long. Une saignée ; plus un arbre debout, les voitures renversées, les caravanes coupées en 2 ...
Une personne, une seule a vu la trombe tornadique formée sur l'océan se diriger vers le camping ! Celle-ci a dont fait des dégats énormes, beaucoup de blessés et un mort.
J'aurais bien voulu voir cette tornade et depuis, je scrute le ciel..."

Nicolas Claude (reproduit avec son autorisation)

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