FRANCE, REGION Plusieurs supercellules avérées ou probables le 12/04 sur notre pays

Hier 12 avril, l'activité orageuse prévue sur une grande portion du pays a évolué en épisode supercellulaire : plusieurs supercellules ont été en effet répertoriées, avérées ou simplement probables, en diverses régions notamment entre Auch et Toulouse et sur l'Allier. De beaux orages également sur nos régions.
 

Depuis quelques jours, via une dépression positionnée sur le proche Atlantique qui entraîne un flux de S/SO, notre pays connaît un défilé de perturbations et une réactivation orageuse l'après-midi. Hier après-midi comme prévu, l'activité orageuse avait donc repris sur notre pays mais cette fois-ci, elle a donné lieu à un épisode de plusieurs supercellules (environ une dizaine d'après certaines sources), certaines avérées et d'autres simplement soupçonnées.

Dans le sud-ouest, une supercellule avec rotation marquée a été observée entre Auch (32) et Toulouse (31). Formée à la limite Gers-Hautes Pyrénées où elle a été photographiée alors qu'elle en était au stade de simple cumulus congestus (depuis Aureilhan dans le 65, © Eric Castaing), elle a rapidement gagné en puissance développant en son sein une rotation, devenue ensuite véritable mésocyclone. La cellule a pu parcourir entre 60 et 100 kms minimum sur le Gers et la Haute-Garonne, jusqu'à Toulouse où elle a amorcé sa dissipation.
Une cellule rotative a également été reportée dans l'Allier. L'observation au radar a mis en évidence une nette déviation du flux en direction de l'Est (sur un axe connu en Allier analogue à celui de l'épisode du 5 août 2013). Visiblement bien développée, cette cellule ne s'est toutefois maintenue que durant 45 minutes environ. Du fait de l'absence d'écho en crochet suffisamment net, nous ne pouvons trancher précisément entre véritable supercellule et simple orage rotatif. Formée peu de temps auparavant plus au nord du département, une autre cellule a ensuite "splitté" (s'est séparée en deux) et son moteur gauche (résidu gauche du split, à rotation anticyclonique) s'est ensuite dirigé vers la Nièvre. Il semble avoir duré assez longtemps mais l'absence de photo rend difficile l'émission d'un diagnostic précis.


   
Supercellule photographiée sur Toulouse (31), alors qu'elle se trouvait à l'ouest de la ville - © Florian Dziadula  /  La même supercellule arrivant sur Toulouse - © Cyril Ploton  /  Orages très électriques au sud d'Arras - © Olivier JL 


Hormis ces cas avérés, d'autres supercellules auraient été soupçonnées mais sans que le caractère supercellulaire du foyer orageux, tributaire de critères bien précis, n'ait pu être complètement validé. Dans le nord du pays et notamment le département de l'Oise ont circulé de nombreux petits orages rotatifs pour la plupart desquels les avis sont partagés : on parle de trois supercellules, l'une dans le Clermontois et les deux autres dans le Beauvaisis. Mais d'autres préfèrent parler d'amorces supercellulaires, seule une cellule pouvant s'apparenter à un orage rotatif de type LP (Low Précipitation) car possédant manifestement un RFD totalement sec. Des photos en sont visibles sur le Photolive d' Infoclimat.fr .
 

    
Supercellule à l'Isle-Jourdain (32) - © Dorian Dziadula (publié sur Infoclimat.fr)  / Supercellule ou proto-supercellule à Beauvais (60) -  © Gems Ga (pseudo)  / Secteur de Blain (44) - © Chris Russo
 

NOTE : Les supercellules sont un type d'orage particulier, isolé la plupart du temps, au comportement indépendant du flux et surtout de grande puissance. Bien connues aux USA, elles peuvent également survenir également en Europe où elles produisent les tornades les plus puissantes. Toutefois le plus souvent elles se développent à un stade moins avancé et moins violent, ce qui rend plus difficile chez nous leur diagnostic strict. Cette distinction est importante à opérer dans nos contrées européennes. Quand peut-on parler de véritable supercellule ou de simple orage rotatif ou amorce supercellulaire ? Une supercellule au sens strict et premier répond à des critères précis officiels notamment la durée très longue, la présence d'un véritable mésocyclone (rotation de l'intégralité du système durant 30 minutes au moins) et la capacité à se regénérer. Or, nos orages dits "supercellulaires" ont certes un aspect déjà bien spectaculaire et ne sont pas à prendre à la légère sur le plan sécurité, mais le RFD (courant descendant arrière) y reste plutôt faible, révélateur du réel manque de puissance de la cellule par rapport à une véritable supercellule. Quant au stade supercelllulaire, s'il est réellement atteint, il est souvent plus éphémère.

Sur la totalité de la journée d'hier, 31204 éclairs ont été enregistrés (inter-nuageux et impacts au sol) par Météorage. Pas de dégâts ni de conséquences particulières de ces orages rotatifs ou supercellulaires n'ont pour l'instant été signalés dans les médias.

Dans nos régions

Nos régions ont également été touchées par de nombreux orages, parfois localement forts avec activité électrique significative. Quelques témoignages photographiques parmi les nombreux clichés qui nous sont parvenus :

     
Foudre à Saint-Trojan, entre Blaye et Bourg-sur-Gironde (33), vers 18h30 locales - photo postée par Max la menace (pseudo), auteur et copyright inconnu  /  Dans le sud de la Charente-Maritime (17) sur les secteurs de Bussac-Forêt, Saint-Savin, Cavignac, fin d'après-midi - © Jérôme Carot (Chasseur d'orages Sud-ouest 17)  / Vue d'une cellule située à environ 20 kms, secteur de Bergerac (24), Tour des Vents vers 17h15 -  © Astrid Neveu (Climate-Data)


   
Résidus d'une dernière cellule à environ 30 kms au NO de Sainte-Foy-des-Vignes (24), près de Bergerac - © Astrid Neveu (Climate-Data)  /  En Gironde  -  © Mickael Cielorageux



Billet élaboré avec la collaboration de la page Electronic Predominance

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