tornades aux USA

On The Way Of Storms enfin en ligne !

Photo de Jean Yves Frique.

Le long-métrage On the Way of Storms du collectif Belgorage est enfin sorti !




Un grand merci à nos partenaires et amis de Belgorage qui nous on fait le plaisir de nous donner en avant première le lien du long-métrage et l'annonce pour le faire partager. On the Way of Storm porte un regard atypique sur les grandes plaines des USA et leurs orages dantesques, filmés lors du tragique épisode du printemps dernier :


E
n cette journée du 5 janvier 2014, votre ordinateur risque bien de vous emmener en voyage, loin du froid et de la grisaille hivernale que nous connaissons ces temps-ci. Vous irez même très probablement vers des paysages baignant dans une atmosphère chaude et humide car nous vous annonçons que le long métrage On The Way Of Storms est à présent en ligne !

Mais avant de vous précipiter vers le film, nous insistons sur le fait qu'il s'agit d'un documentaire / fiction et qu'il est donc logique que certains événements évolueront d'une manière différente par rapport au déroulement réel de ceux-ci. L'idée de la fiction s'est concrétisée suite à deux volontés : premièrement, nous ne voulions pas ne présenter qu'une suite d'événements un par un, au jour le jour, ce qui aurait pu être vite redondant et deuxièmement, le côté fictif apporte un côté "inattendu" et l'internaute connaissant le déroulement des événements durant le séjour de notre équipe de traqueurs devrait être en mesure d'avoir des effets de surprises.

Enfin, pour parler du film proprement dit, celui-ci a été conçu dans la même lignée que nos différents courts métrages à succès, autrement dit, sur base de séquences illustratives naturelles. Hormis le coté immersif dont le spectateur bénéficie avec ce type de conception, l'élaboration d'un scénario fictif donne un certain rythme à ces séquences tout en apportant un lien entre-elles. En outre, les traqueurs d'orages sont présents mais d'une manière secondaire par rapport aux événements météorologiques.

Par ailleurs, nous avons prévu la réalisation de nombreux travaux autour du film afin d'apporter différentes informations sur des événements apparaissant au cours du long métrage. Avec quatre parties distinctes (Dossiers, Récits, Photos & Videos), c'est une foison de données que nous vous offrirons périodiquement jusqu'au mois de mars 2014. Pour commencer, nous nous sommes consacrés à la journée du 31 mai 2013 qui fut particulièrement agitée. D'ailleurs, une fois le film visionné, vous comprendrez pourquoi nous avons tout d'abord ajouté des informations supplémentaires à propos de cette date.

Au niveau de la diffusion des travaux, ceux-ci paraîtront suivant un ordre chronologique en commençant par le 18 mai 2013. Une liste de références temporelles sera également disponible afin d'indiquer les moments du film où l'on observe tel ou tel orage traité dans les différentes sections.

À présent, nous vous souhaitons un bon moment cinéma qui, nous l'espérons, vous emmènera loin au pays des rêves orageux.

Liste de liens :

Lien Youtube : http://youtu.be/RB6O6UG_9jg
Lien du film et des infos portant sur celui-ci : http://www.belgorage.com/usa-tornado-alley-2013-videos-on-the-way-of-storms…
Lien vers la liste des chapitres : https://dl.dropboxusercontent.com/u/1866013/Documents/USA/dossier-belgorage…
Lien vers la liste de références : https://dl.dropboxusercontent.com/u/1866013/Documents/USA/dossier-belgorage…

Lien vers la section dédiée à la Tornado Alley : http://www.belgorage.com/usa-tornado-alley-2013.php



Annonce diffusée par le collectif Belgorage

Tim Samaras : une autre façon de voir la chasse à la tornade ?





Tous les passionnés d'orages connaissent maintenant la fin tragique de Tim Samaras, son fils et son coéquipier, qui a endeuillé le microcosme des chasseurs d’orages et de tornades dans le monde entier. Tous les trois emportés par la terrible tornade d’El Reno vendredi dernier (désormais classée EF5), .
Que dire ici de plus qui n’a pas déjà été dit ? Une mort tragique certes, mais aussi la « belle mort », celle dont rêvent tous ceux qui vivent une passion dévorante, celles de Molière mort sur scène, du fils de Cousteau tué en mer par un requin ou des nombreux alpinistes morts en expédition sur les sommets. Comme si, traqués, étudiés, décortiqués durant toute une vie, les éléments naturels se devaient un jour de réclamer leur tribut et s'approprier le chercheur ou le passionné en l'arrachant brutalement à la communauté des hommes.
Suis-je le seul à avoir constaté à quel point d’ailleurs, dès qu’il est question de ces structures dantesques, et peut-être plus encore pour les tornades, même dans les esprits les plus cartésiens comme le mien reviennent des réflexes et un vocabulaire mystique et une tentation inconsciente de personnaliser les éléments déchaînés, d’entretenir avec eux une relation homme-Nature empreinte de respect et de religiosité (selon l'un des sens d’origine du mot : religare =  lier).

Sur la photo ci-dessous, Tim Samaras et son coéquipier tentent d’estimer la largeur du système orageux qui se déploie au-dessus d’eux, à Piedmont (OK). Mais cette photo suscite évidemment des ressentis bien au-delà et personnellement, je la trouve magnifique.

Tim Samaras et Carl Young à Piedmont (Oklahoma) en 2012 -cliché Carsten Peter, National Geographic

Je vais être franc. Contrairement à beaucoup de passionnés, je n’ai jamais eu durant toutes ces années les yeux constamment braqués outre-Atlantique, à suivre assidument tous les reportages et toutes les infos. Bien trop occupé que je suis à courir après « mes » tourbillons formolisés dans les archives charentaises et françaises, qu’on connaît si mal. Des aventures kérauniques et tornadiques américaines, seuls surnagent dans mon esprit quelques grands noms et quelques clichés de légende... mais aussi cette sensation que là-bas, la collaboration avec la science et les professionnels de la météorologie n’est pas un vain mot. Et que les grands chasseurs y propagent un esprit très mûr, certains d’entre eux pouvant même être considérés comme de véritables penseurs-philosophes de la chasse, à l’instar d’un Alex Hermant ou d’un Pierre Paul Feyte chez nous, entretenant des rapports quasi mystiques avec les éléments déchaînés.
Je me souviens notamment de cette vidéo d'un grand chasseur connu (dont malheureusement j'ai oublié le nom) et tout le respect qu'il disait éprouver face à ces cathédrales atmosphériques si impressionnantes.
Alors bien sûr vous me direz, il est de bon ton, dès qu'une confrontation devient plus musclée ou a fortiori quand surviennent des catastrophes ou des tragédies comme celle-ci, de  parler de "respect", de "notre petitesse face aux éléments censés nous inculquer la modestie", rapport Homme-Nature etc. Mais voir un grand nom de la chasse américaine, fort de toute son expérience vécue et de sa quarantaine de tornades au compteur, faire de telles confidences au micro du reporter à peine sorti de son 4X4, fait prendre d'emblée aux mots une dimension différente. 

Est-ce l’extrême violence des éléments dans cette région du Midwest, avec pour inévitable corollaire la confrontation des chasseurs aux drames humains après le passage des monstres ? Est-ce l’âge mûr et la grande expérience de la plupart d’entre eux ? Est-ce cet esprit américain nettement moins cloisonné que chez nous favorisant les collaborations fructueuses avec les chercheurs, et l’évidente ouverture d’esprit que cela suppose ? Est-ce la plus grande professionnalisation de l’activité de chasseur là-bas ? Est-ce tout cela à la fois, avec peut-être aussi un rapport plus mystique aux choses dans ces contrées à la fois empreintes de religiosité et si durement frappées tous les ans ?
Toujours est-il que, sans jamais avoir mis l'ombre d'un orteil dans ces plaines mythiques, je crois vraiment ressentir cette différence essentielle d'approche avec la chasse en France, où dominent conjointement la passion pour elle-même et une école de la photo d'art (qui commence d'ailleurs à se tailler une belle réputation).

Et Tim Samaras dans tout ça ? Et bien sans vraiment prétendre bien le connaître, il se trouve qu'il figurait déjà depuis des années dans mon Panthéon personnel, depuis la découverte un jour d'avril 2004, d'un saisissant reportage paru dans l'édition française de National Geographic. D'emblée, j'avais été séduit par cet aspect collaboratif de son travail. J'étais scotché et admiratif devant ces prises de risque énormes au moment de déposer les sondes et autres appareils de mesure sur le trajet des monstres en approche. Une prise de risques à dix mille lieues de ce qu'on peut imaginer, où se mêlent courage et réflexion, surtout pas d'inconscience bien au contraire. Et où surtout apparaît cette dimension -j'oserais presque dire- humaniste, liée à la collaboration avec la science, cette volonté d'arracher aux tornades ces secrets chiffrés qui nous manquent si cruellement pour les connaître et en prévenir les effets dévastateurs.

Aussi quand j'ai su la triste nouvelle, et le fait que la dîme prélevée par la nature soit justement tombée sur lui et ses proches et non une simple tête brûlée, je lui ai trouvée une dimension particulière, bien au-delà de l'évidente leçon de modestie et rappel de la dangerosité de l'activité. A la fois fondamentalement injuste et hautement symbolique.

Nicolas Baluteau

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