Alerte au tsunami sur le littoral atlantique : décryptage d'une info insolite par le Journal Sud-Ouest



Hier mardi 30 avril, une "alerte" au tsunami était émise par le Centre d'alerte des tsunamis suite à un séisme de magnitude 5,8 aux Açores. Une alerte qui devait susciter un certain émoi sur le net, certains s'affolant, d'autres parlant de canular. "Détail" d'importance : le tsunami en question allait produire au pire une vague de... quelques centimètres. Pas vraiment de quoi affoler les surfeurs qui auraient pu vouloir braver le mauvais temps hier vers 11 h 30, au moment où la vague est arrivée sur le littoral atlantique.
Alerte exagérée  me direz-vous ? Non, l'alerte voyait juste. Mais il s'agissait simplement d'une alerte jaune, pour un tsunami qui serait passé parfaitement inaperçu en l'absence de médiatisation. En réalité simple information, où le mot "tsunami" était à prendre bien sûr au sens théorique du mot.

Cette information est aujourd'hui décryptée par un article intelligent publié par Sud-Ouest :

http://www.sudouest.fr/2013/04/30/pre-alerte-tsunami-sur-le-cote-atlantique-une-vague-imperceptible-mais-classee-jaune-1040649-739.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20130501-[zone_info]

Plutôt que de tergiverser autour de l'alerte elle-même, la vraie question à se poser à mon avis concernait plutôt la diffusion de ce genre d'information auprès du grand public. Une telle diffusion était-elle utile ?
Sur le plan directement utilitaire pour la sécurité des biens et des personnes, évidemment non. Mais comme le signale un commentaire faisant suite à l'article de Sud-Ouest, elle a le mérite de nous informer d'une part qu'un organisme existe en France pour lancer des alertes au tsunami, et d'autre part que si un tel organisme existe, cela veut dire que le risque existe en France (où effectivement on a connu des précédents de tsunamis déjà plus sévères et destructeurs, notamment en Méditerranée).
Sur l'Atlantique, le tsunami le plus ancien connu aurait frappé les côtes aunisiennes en 1469, et dans les mêmes secteurs un autre tsunami est répertorié le 6 (ou 7) septembre 1785 suite à un séisme survenu la veille. Autres possibles tsunamis véritables (consécutifs à un séisme) en 1875 et 1882. 
Un autre enseignement à tirer de cette information pour le moins insolite, c'est le caractère relatif des effets produits par les phénomènes habituellement associés aux grandes catastrophes. Eh oui, vous pouvez passer à travers le souffle doux d'une tornade ou vous faire agréablement rafraîchir les orteils par un tsunami... sans même vous en apercevoir ! Ne perdons pas de vue les choses simples : toute échelle (y compris d'intensités) comporte obligatoirement deux extrémités...

Pour toute information complémentaire, vous reporter aux pages du BRGM dédiées à la prévention et au recensement officiel des tsunamis : Tsunamis observés en France.

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